Défaillance de propulsion électrique
Panne d'un système de propulsion électrique ou ionique, souvent progressive, qui dégrade la durée de vie d'un satellite sans le détruire d'emblée.
Mars 2015 : ABS-3A et Eutelsat 115 West B, deux Boeing 702SP lancés ensemble par une Falcon 9, sont les premiers satellites commerciaux tout électriques, et ils mettent plusieurs mois à rejoindre l'orbite géostationnaire avec leurs seuls propulseurs. Sur ces plateformes, la propulsion électrique ou ionique tient le satellite à poste et porte ses changements d'orbite. Sa défaillance, complète ou partielle, ressemble rarement à une explosion. Une vanne qui fuit ou une cathode qui s'use réduit la capacité de manœuvre sans arrêter le service, et c'est la durée de vie opérationnelle prévue qui se raccourcit, parfois fortement. La technologie est plus légère et bien plus sobre en ergols que la propulsion chimique ; elle a aussi moins d'années de vol derrière elle, et les assureurs spatiaux comme les opérateurs la suivent de près depuis que plusieurs constructeurs l'ont adoptée. Le sinistre se règle donc le plus souvent en perte partielle, sur la durée de vie utile perdue. Son montant suppose de modéliser une trajectoire de dégradation plutôt que de constater un événement daté, et c'est sur cette courbe que l'expertise se discute. Un défaut identifié sur un composant peut enfin toucher tous les satellites d'une même famille technique : le cumul se compte par lignée de produit, pas par lot de lancement.
Cas d'école : un satellite géostationnaire tout électrique, assuré en vie pour quinze ans, perd l'un de ses quatre propulseurs en quatrième année. Les trois restants suffisent au maintien à poste mais consomment davantage de xénon, et l'opérateur ramène la fin de vie prévue de la quinzième à la onzième année. Le satellite sert toujours ses clients : le sinistre se règle en perte partielle, selon la formule de la police, et l'expertise se discute sur la courbe de consommation plus que sur la panne elle-même.
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