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Effondrement du pont Morandi (2018)

Gênes, 14 août 2018 : une travée du viaduc autoroutier s'effondre, 43 morts. Le sinistre a coûté au concessionnaire bien plus que ce que couvraient ses assurances, et l'État a mis la concession elle-même sur la table.

Définition

Gênes, 14 août 2018, un peu avant midi, sous une pluie battante : la pile 9 du viaduc du Polcevera, sur l'A10, cède, et quelque deux cents mètres de tablier tombent avec les véhicules qui roulaient dessus. Quarante-trois morts. Des centaines d'habitants des immeubles situés sous l'ouvrage sont évacués. Le pont, dessiné par Riccardo Morandi, était en service depuis 1967 et ses haubans en béton précontraint posaient des questions de corrosion connues de longue date. L'autoroute était concédée à Autostrade per l'Italia (ASPI), contrôlée par Atlantia, la holding de la famille Benetton. Le décret « Genova » de septembre 2018 confie la reconstruction à un commissaire, le maire Marco Bucci, écarte le concessionnaire du chantier et lui en impute le coût. Le nouveau pont, dessiné par Renzo Piano et construit par Webuild et Fincantieri, est inauguré le 3 août 2020, pour un coût de l'ordre de 200 millions d'euros. Le risque politique est arrivé par la concession. Le gouvernement menace de la révoquer ; en juillet 2020, ASPI accepte 3,4 milliards d'euros de compensations à sa charge, et Atlantia cède ensuite 88 % de la société à un consortium mené par la Cassa depositi e prestiti, opération close en 2022 pour environ 8,2 milliards. Aucune police ne couvre ce genre de facture : la responsabilité civile paie les victimes, les dommages paient l'ouvrage, mais la négociation avec le concédant n'est pas un sinistre assurable. Au pénal, ASPI et sa filiale de maintenance SPEA ont transigé en 2022 pour une trentaine de millions d'euros. Le procès des dirigeants et des techniciens s'est ouvert à Gênes en juillet 2022. Le 16 juillet 2026, le tribunal de Gênes condamne en première instance 32 des 57 prévenus : douze ans pour Giovanni Castellucci, ancien administrateur délégué d'ASPI, et cinq ans pour l'ancien chef de la surveillance des concessions au ministère des Transports. Vingt-cinq sont relaxés ou couverts par la prescription, et l'appel reste ouvert.

Ses 5 renvois, tissés sur les 18 catégories du glossaire
Effondrement du pont Morandi (2018) : illustration de la fiche Sinistres & indemnisation du glossaire AlgoPolis
Exemple

Cas d'école chiffré. Un concessionnaire autoroutier perd un viaduc. Sa police dommages couvre l'ouvrage jusqu'à 150 M€, franchise de 5 M€ ; la reconstruction coûte 200 M€, soit 200 - 5 = 195 M€ ramenés à la limite de 150 M€. Son programme de responsabilité civile, 500 M€ en plusieurs lignes, paie 180 M€ aux victimes et aux tiers. Le concédant obtient ensuite 1 000 M€ de compensations négociées, qu'aucune police ne prend. Coût total : 200 + 180 + 1 000 = 1 380 M€ ; assuré : 150 + 180 = 330 M€ ; reste au concessionnaire : 1 050 M€.

À lire ensuite
Sources
Termes associés
Également connu sous

pont Morandi, viaduc du Polcevera, catastrophe de Gênes, effondrement de Gênes, pont San Giorgio

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