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Enlèvement et rançon

Garantie dont la valeur dépend de son secret, qui rembourse une rançon versée et donne surtout accès immédiat à une équipe professionnelle de réponse de crise.

Définition

Depuis l'article 42 du Counter-Terrorism and Security Act 2015, un assureur britannique commet une infraction s'il rembourse une rançon dont il sait, ou a des raisons de soupçonner, qu'elle a été versée à des terroristes. La résolution 2133 du Conseil de sécurité, en janvier 2014, appelait déjà les États à tarir ces paiements, et le code pénal français réprime le financement du terrorisme à l'article 421-2-2. La branche enlèvement et rançon (kidnap and ransom, K&R) tient pourtant sur ce geste : l'assureur rembourse après coup, il ne paie jamais le ravisseur et n'entre jamais en contact avec lui. Le risque déborde l'enlèvement classique. L'enlèvement express, où la victime est conduite de distributeur en distributeur pendant quelques heures, l'extorsion sous menace et la détention arbitraire par un État relèvent de la même famille, et la dernière range la branche dans le risque politique. Le contrat agit sur le risque qu'il couvre, car révéler son existence augmente le danger et peut le rendre caduc, si bien que beaucoup de personnes protégées ignorent qu'elles le sont. L'assuré achète d'abord l'accès immédiat à des négociateurs, des consultants en sécurité et des conseils juridiques, dont la première tâche est la preuve de vie, parce qu'une part des demandes vient d'opportunistes qui ne détiennent personne. Le 16 septembre 2010, AQMI enlève sept personnes à Arlit, au Niger, dont cinq Français salariés d'Areva et de Satom ; les quatre derniers otages ne sont libérés que le 29 octobre 2013. Une crise de cette durée, la police la finance section par section : la rançon versée, son détournement ou sa perte pendant la remise, les honoraires des consultants en gestion de crise joignables 24 heures sur 24, les frais médicaux et psychologiques de la victime et de sa famille, la perte de revenus de l'entreprise pendant l'incident. Certaines polices voyage d'entreprise ajoutent un volet enlèvement et gestion de crise, plus étroit qu'une police K&R dédiée. On confond souvent la branche avec la garantie d'extorsion cyber, qui paie la rançon d'un rançongiciel ; les polices K&R ajoutent peu à peu ce volet aux risques physiques, mais un tel sinistre n'a ni otage ni preuve de vie. Concentrée sur une seule place, Londres, qui met en commun ses données de sinistres, la branche calibre des offres cohérentes d'un dossier à l'autre et stabilise les prix des ravisseurs au lieu de les faire monter. Le marché revendique un taux de libération supérieur à quatre-vingt-dix-sept pour cent quand la garantie est en place.

Ses 9 renvois, tissés sur les 18 catégories du glossaire
Enlèvement et rançon : illustration de la fiche Risques spéciaux du glossaire AlgoPolis
Exemple

Cas d'école chiffré. Les ravisseurs demandent 1 500 000 dollars. La cellule de crise exige d'abord une preuve de vie, une question dont seule la personne enlevée connaît la réponse, car une part des demandes émane d'opportunistes sans otage. Elle tient ensuite une ligne d'offres calée sur les références de la place, et l'affaire se règle au 41e jour à 180 000 dollars, soit 12 % de la demande initiale. L'employeur paie, puis l'assureur rembourse les 180 000 dollars et les honoraires de la cellule, 41 jours à 3 000 dollars, soit 123 000 dollars. Total remboursé, 303 000 dollars. Si un indice relie les ravisseurs à un groupe terroriste, l'article 42 interdit à l'assureur britannique de rembourser la rançon.

À lire ensuite
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Sources
  • Counter-Terrorism and Security Act 2015, article 42
  • Conseil de sécurité des Nations unies, résolution 2133 du 27 janvier 2014
Termes associés
Approfondir à l'Académie
Également connu sous

assurance enlèvement et rançon, K&R, kidnap and ransom insurance, assurance rançon, enlèvement express, Kidnap & Ransom (K&R), kidnap and ransom, assurance enlèvement, extorsion, assurance kidnapping, assurance kidnapping et rançon, police K&R

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