Les réponses et les explications de chaque question s’affichent ici une fois le parcours terminé. Elles renvoient alors vers la fiche du glossaire correspondante, où la notion est traitée en entier avec son exemple chiffré.
1. Un constructeur promet un véhicule de 65 000 euros à qui réussit un trou en un lors d'une journée promotionnelle. L'assureur facture 12 000 euros de prime. Deux joueurs réussissent le trou. Quel est le résultat technique de l'assureur sur l'opération ?
Une perte de 118 000 euros
La prize indemnity transfère à l'assureur le risque qu'un prix promotionnel soit effectivement remporté. L'assureur évalue la probabilité statistique de réalisation et tarife en conséquence, puis verse le montant promis à l'organisateur, qui remet le prix au gagnant. Ici, deux prix de 65 000 euros font 130 000 euros de charge contre 12 000 euros de prime encaissée, soit 118 000 euros de perte. Le calcul est instructif parce qu'il montre où se loge le risque de cette branche : la prime avait été bâtie sur une probabilité estimée à seize pour cent pour un seul gain, avec deux mille participants dont trois cent vingt environ de niveau suffisant. Le sinistre ne vient pas d'une erreur sur la probabilité d'un trou en un, il vient de la sensibilité extrême du résultat au nombre de réalisations : zéro, un ou deux gains produisent trois résultats sans commune mesure. C'est une branche à très faible fréquence et à sévérité fixe, où la loi des grands nombres ne joue qu'à l'échelle d'un portefeuille d'opérations, jamais à l'échelle d'une opération.
Fiche du glossaire →2. En assurance enlèvement et rançon, l'assureur n'entre jamais en relation avec un ravisseur et fonctionne par remboursement de l'assuré, jamais par paiement direct. Que protège cette mécanique ?
La position de l'assureur au regard des régimes de financement du crime et de sanctions
L'enlèvement et rançon est la seule branche où le contrat modifie directement le risque qu'il couvre : révéler son existence augmente le danger et peut rendre la police caduque, si bien que beaucoup de personnes protégées ignorent qu'elles le sont. La mécanique de remboursement découle de la même logique de prudence, mais elle vise autre chose : en ne payant jamais le ravisseur et en se bornant à rembourser l'assuré, l'assureur reste à distance des régimes qui répriment le financement du crime et de ceux qui interdisent de transférer des fonds à une personne désignée. Ce que le client achète d'abord, c'est l'accès immédiat à une équipe de négociateurs, de consultants en sécurité et de conseils juridiques ; le remboursement vient après. Leur première tâche est d'établir la preuve de vie, par une question dont seule la personne enlevée connaît la réponse, parce qu'une part des demandes émane d'opportunistes qui ne détiennent personne. La branche est concentrée sur une seule place de marché qui partage ses données de sinistres, ce qui lui permet de gouverner un prix plutôt que de simplement porter un risque.
Fiche du glossaire →3. Une tournée mondiale assurée pour 120 millions d'euros de recettes sur soixante dates est annulée quinze jours avant le début, l'artiste étant hospitalisé pour une opération cardiaque. Quelle garantie répond ?
La non-appearance
L'assurance annulation d'évènements protège les organisateurs contre les pertes financières nées d'une annulation ou d'un report causé par un évènement extérieur imprévisible, et elle se décompose en garanties distinctes qu'il faut savoir nommer. L'abandonment and cancellation vise les recettes nettes perdues lorsque l'évènement n'a pas lieu, l'adverse weather les conditions météorologiques extrêmes, et la non-appearance la défaillance d'un artiste ou d'un sportif principal, pour maladie ou décès. C'est cette dernière qui joue ici, puisque le fait déclencheur est l'indisponibilité de la personne autour de laquelle l'évènement est bâti. L'indemnité porte sur les recettes nettes, c'est-à-dire diminuées des coûts variables que l'annulation permet d'économiser, ce qui évite d'enrichir l'organisateur. La pandémie de Covid-19 a constitué le sinistre systémique de cette branche, avec des milliards de dollars réclamés simultanément dans le monde entier : un cas d'école d'accumulation sur une garantie que l'on croyait faite d'évènements indépendants.
Fiche du glossaire →4. Un incendie ordinaire s'éteint en supprimant le combustible, le comburant ou la chaleur. Pourquoi un sinistre de stockage par batteries ne suit-il pas cette logique ?
Parce que la défaillance d'une cellule déclenche celle des cellules voisines, et que l'énergie résiduelle reste disponible pendant des jours
L'emballement thermique n'obéit pas au triangle du feu : refroidir ralentit sans arrêter, priver d'air ne suffit pas. Le cœur du problème est la propagation, la défaillance initiale d'une cellule libérant une chaleur qui déclenche la défaillance des cellules adjacentes, laquelle gagne le module, puis l'unité, puis potentiellement l'installation entière. Il en résulte une caractéristique sans équivalent parmi les risques industriels : un sinistre de stockage n'est pas terminé quand il paraît éteint, puisque l'énergie résiduelle des cellules non encore emballées reste disponible pendant des jours. La conséquence pour l'assureur se lit directement dans l'indemnité de perte d'exploitation, dont la durée ne se compte pas à partir de l'extinction apparente mais à partir du moment où le site peut être déclaré sûr. Et le déplacement conceptuel est plus profond encore : le péril vient du bien lui-même et non d'un évènement extérieur qui l'atteindrait, l'énergie qu'il contient étant à la fois ce qui lui donne sa valeur et ce qui le détruit.
Fiche du glossaire →5. Une pièce d'archive est prêtée à une exposition itinérante. Pourquoi une police ordinaire du prêteur laisse-t-elle une zone sans garantie, et où se situe-t-elle ?
Elle cesse de produire effet dès que le bien quitte le lieu désigné, donc pendant les transports et les manutentions
La couverture clou à clou protège un objet de valeur depuis l'instant où il quitte son emplacement habituel jusqu'à celui où il y revient, en englobant l'emballage, la mise en caisse, le transport terrestre, aérien ou maritime, les stockages intermédiaires y compris en zone douanière, puis le chemin inverse. Elle existe parce qu'une police ordinaire cesse de produire effet dès que le bien quitte le lieu désigné, ce qui ouvre une zone sans garantie précisément là où le risque est maximal : la majorité des sinistres survient pendant la manutention, pas pendant l'exposition statique. Le point faible de ce type de couverture tient d'ailleurs moins à la longueur du trajet qu'à la couture, ce moment où la garde passe d'une main à une autre, entre le prêteur, le transporteur, l'institution d'accueil. Chaque intervenant assure son segment, et les écarts entre leurs conditions se comblent par une police de différence de conditions, que le prêteur souscrit pour que la jonction ne soit pas le seul endroit non couvert du voyage.
Fiche du glossaire →6. Un acquéreur découvre, après la cession, un passif fiscal que le vendeur n'avait pas déclaré. Que change une assurance de garantie de passif souscrite au moment de l'opération ?
Elle indemnise l'acquéreur, au lieu de le renvoyer à un contentieux contre le vendeur
L'assurance de garantie de passif, désignée par les sigles RWI ou W&I, couvre les pertes résultant de l'inexactitude des déclarations et garanties consenties par le vendeur dans une opération de fusion-acquisition. Elle transfère à un assureur le risque qu'une garantie se révèle fausse après la cession, qu'il s'agisse d'un litige caché, d'un passif fiscal non déclaré ou d'une non-conformité. Son effet le plus important tient moins à l'indemnité elle-même qu'à ce qu'elle rend possible dans la négociation : en réduisant le besoin de séquestres, elle permet au vendeur une sortie nette, ce qui a fait d'elle un instrument courant du capital-investissement, où la remontée du produit de cession aux souscripteurs du fonds ne s'accommode pas de sommes bloquées pendant des années. Elle relève de la souscription des risques transactionnels, un métier distinct, qui suppose de lire le contrat de cession et la due diligence sous-jacente avec le regard d'un juriste : ce que l'assureur tarife, c'est la qualité d'un travail de vérification déjà accompli par d'autres, bien plus que l'actif.
Fiche du glossaire →7. Une société est en faillite et ses créanciers poursuivent ses administrateurs. L'entreprise n'est plus en mesure de les indemniser. Quelle partie de la police de dirigeants répond ?
La partie Side A, qui couvre directement les dirigeants
Une police de responsabilité des dirigeants se structure selon la nature de l'assuré protégé, et connaître les trois parties permet de savoir laquelle sera utile le jour où elle comptera. La partie Side B rembourse l'entreprise lorsqu'elle indemnise ses dirigeants, ce qui est la situation ordinaire. La partie Side C, dite couverture entité, protège l'entreprise elle-même pour sa propre responsabilité, le plus souvent au titre du contentieux sur valeurs mobilières. La partie Side A couvre directement les dirigeants lorsque l'entreprise ne peut pas les indemniser, soit qu'elle soit insolvable, soit que la loi lui interdise de le faire. C'est le cas ici, et c'est pourquoi la Side A est la protection la plus précieuse pour un administrateur personnellement exposé : les deux autres parties supposent une entreprise en état de payer, c'est-à-dire précisément ce qui manque dans les situations où un administrateur est le plus attaqué. Il existe pour cette raison des polices Side A dédiées, souscrites en surplomb des programmes ordinaires.
Fiche du glossaire →8. La catastrophe de Deepwater Horizon en 2010 a illustré l'ampleur d'un péril propre à l'exploration-production. Que finance la garantie contrôle de puits ?
La reprise de maîtrise du puits, la lutte contre l'incendie, la dépollution et le reforage
L'assurance contrôle de puits couvre les coûts engagés pour reprendre la maîtrise d'un puits de pétrole ou de gaz devenu incontrôlable, situation dite d'éruption ou de blowout, ainsi que les dépenses de lutte contre l'incendie, de dépollution et de reforage. La distinction avec les autres garanties du programme d'un exploitant est celle qui compte : le dommage à la plateforme relève des garanties de dommages, la perte de production d'une garantie de perte d'exploitation, les responsabilités envers les tiers et l'environnement de garanties de responsabilité, et le contrôle de puits paie ce qui n'entre dans aucune des trois, à savoir l'opération elle-même consistant à refermer le puits. Deepwater Horizon en 2010 a montré l'ampleur possible d'un tel évènement, mêlant pertes humaines, marée noire de grande échelle et responsabilités colossales, chacune relevant d'une couverture différente. La souscription demande une expertise technique pointue sur les opérations de forage et sur la qualité de l'opérateur, parce que la probabilité d'éruption dépend moins de la géologie que des procédures suivies.
Fiche du glossaire →9. Après une marée noire causée par un navire, qui prend en charge la dépollution et les réclamations des tiers, et sur quel principe ?
Le club P&I de l'armateur, une mutuelle d'armateurs qui mutualise les très gros sinistres
Les clubs de protection et d'indemnité sont des mutuelles d'armateurs qui couvrent la responsabilité civile liée à l'exploitation des navires : dommages corporels aux équipages et aux passagers, pollution marine, dommages aux installations portuaires, responsabilité pour les marchandises transportées, frais d'enlèvement d'épave. Cette responsabilité est distincte des dommages au navire lui-même, qui relèvent de la garantie corps, et la confusion entre les deux est la plus fréquente en assurance maritime. La structure mutualiste n'est pas un vestige historique, elle répond à un problème précis : ces responsabilités peuvent atteindre des montants qu'aucun assureur ne porterait seul, en particulier en cas de marée noire. Les armateurs membres se réassurent donc entre eux, puis au sein d'un groupe international qui mutualise les très gros sinistres au-delà d'un seuil, ce qui permet d'offrir des limites de garantie sans équivalent sur le marché ordinaire. La couverture est ainsi obtenue par mise en commun plutôt que par transfert, et le membre est à la fois assuré et porteur du risque des autres.
Fiche du glossaire →10. Une entreprise ne parvient plus à rapatrier ses bénéfices d'un pays qui vient de geler les transferts. En quoi cette garantie de risque politique diffère-t-elle d'une couverture de change ?
Elle porte sur le blocage administratif des flux, non sur la fluctuation des cours
L'inconvertibilité et le non-transfert de devises couvrent l'impossibilité, pour un investisseur ou une entreprise, de convertir une monnaie locale en devise étrangère ou de rapatrier des fonds hors du pays hôte, en raison de restrictions imposées par l'État : contrôle des changes, gel des transferts, pénurie de devises. La distinction avec le risque de change classique est nette et vaut d'être tenue : le risque de change porte sur le prix auquel une conversion se fait, celui-ci porte sur la possibilité même de la faire. Un instrument de couverture de change ne sert à rien lorsque l'opération est interdite, puisqu'il garantit un cours pour une transaction qui n'aura pas lieu. Cette garantie appartient à la famille des risques politiques, aux côtés de l'expropriation et de la violence politique, et elle est souscrite par les investisseurs internationaux, les banques de financement de projet et les agences de crédit à l'exportation. La souscription suppose une analyse de la solidité extérieure du pays, de son niveau de réserves et de son historique de mesures de contrôle, c'est-à-dire un travail de nature souveraine plus que corporate.
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