Fret aérien d'œuvres d'art
Tronçon aérien d'un transport d'œuvres, où l'assureur limite la valeur embarquée par avion et par vol, et où la lettre de transport plafonne le transporteur.
Quand quarante œuvres partent d'un musée pour une exposition outre-Atlantique, on ne les met pas toutes dans le même avion. Les polices d'art fixent une limite par moyen de transport, souvent par aéronef : au-delà, la compagnie d'art ou le courtier répartit les caisses sur plusieurs vols ou plusieurs jours. La raison tient au cumul : un seul accident détruirait la collection embarquée, et l'assureur ne veut pas de ce sinistre maximum sur une seule ligne. La convention de Montréal limite de son côté la responsabilité du transporteur aérien à un montant par kilogramme, vingt-six droits de tirage spéciaux depuis la révision du 28 décembre 2024. C'est très loin de la valeur d'un tableau. Le propriétaire n'a donc de vraie protection que dans sa propre police, avec la lettre de transport aérien pour pièce du dossier. Le risque tient d'ailleurs plus au sol qu'au vol : la caisse passe en soute, attend sur le tarmac, séjourne dans une zone de fret dont la température varie.
Cas d'école : une collection de 36 pièces, 90 millions d'euros en valeurs agréées, part de Paris pour New York. La limite par avion étant de 30 millions, le courtier répartit les caisses en trois vols sur deux jours. Une caisse de 2 millions est retardée à Roissy par une grève des manutentionnaires ; le retard n'entraîne aucun dommage et la police n'est pas sollicitée.
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