Garantie du risque géologique en géothermie
Dispositif français qui indemnise le maître d'ouvrage quand un forage géothermique ne trouve pas le débit ou la température prévus, puis couvre la baisse de la ressource pendant l'exploitation.
Au début des années 1980, les villes de la banlieue parisienne forent par dizaines dans le Dogger. Cet aquifère calcaire court sous l'Île-de-France vers 1 500 à 2 000 mètres, avec une eau de 55 à 85 °C. Chaque doublet coûte plusieurs millions, et personne ne sait avant d'avoir foré si le puits donnera le débit et la température annoncés. Les pouvoirs publics créent alors un fonds de garantie, avec l'agence qui deviendra l'ADEME ; sa gestion est confiée à la SAF Environnement, filiale de la Caisse des dépôts. La garantie dite court terme joue sur le risque géologique au sens strict. Si le premier puits ressort sous les seuils fixés au contrat, le fonds indemnise une part du coût du forage, en échec total ou partiel. La garantie long terme prend le relais pendant l'exploitation, sur la baisse de la ressource et certains dommages au puits, sur une durée de l'ordre de quinze à vingt-cinq ans. Le souscripteur raisonne en probabilité de succès, établie sur l'étude géologique et les puits voisins, et la cotisation s'en déduit. Le marché privé, lui, ne prend presque jamais ce risque seul, faute de base statistique. Vendenheim, près de Strasbourg, montre l'autre face. Fin 2020, la géothermie profonde de l'exploitant Fonroche déclenche une série de séismes induits, jusqu'à une magnitude proche de 3,5 le 4 décembre. Le préfet arrête le projet, et des milliers de déclarations de fissures suivent. Ce sinistre relève de la responsabilité de l'exploitant au titre du code minier, et de sa RC. À ne pas confondre avec le régime catastrophe naturelle : un séisme provoqué par l'injection d'eau n'est pas d'origine naturelle.
Cas d'école : un réseau de chaleur d'Île-de-France fore un doublet au Dogger pour 12 millions d'euros, dont 5 millions pour le puits de production. Le contrat fixe un seuil de débit à 250 m³/h à 70 °C. Le puits ressort à 120 m³/h : échec, la boucle n'est pas rentable. Dans cet exemple, la garantie court terme couvre 80 % du coût du puits en échec, soit 4 millions d'euros, et le maître d'ouvrage garde 1 million. Dix ans plus tard, la température en tête de puits a perdu 4 °C de plus que la courbe garantie : c'est la garantie long terme qui est appelée, pour une autre famille de sinistre.
fonds de garantie géothermie, garantie court terme géothermie, garantie long terme géothermie, risque géologique de forage, assurance du risque de ressource
Suivez la recherche
Une lettre par semaine. En tête, la note de souscription de la semaine, quand il en paraît une : une décision datée et argumentée, signée de Paul Bernardski. Ensuite, ce que l'observatoire a publié en risque cyber, en risque politique et en assurance. Sans compte, sans suivi.
Pas de spam, désinscription en un clic, aucune donnée revendue.