Inondations de Thaïlande (2011)
Crue de mousson de 2011 qui a noyé pendant des semaines les zones industrielles au nord de Bangkok. Elle a révélé un cumul que personne n'avait modélisé, dans les polices de groupes japonais et en carence de fournisseur.
Octobre 2011 : l'eau du Chao Phraya entre dans la zone industrielle de Rojana, à Ayutthaya, puis dans celles de Hi-Tech et de Nava Nakorn, et y reste plus d'un mois. Les pluies de mousson avaient commencé en juillet ; la décrue complète n'arrive qu'en décembre. Dans ces zones travaillent des constructeurs automobiles, dont Honda, et une large part de la production mondiale de disques durs, avec leurs sous-traitants. Les pertes assurées, d'abord estimées bien plus bas, sont révisées à la hausse plusieurs fois et finissent de l'ordre de 15 milliards de dollars, l'une des plus lourdes jamais payées pour une inondation. Le marché découvre le cumul après coup. Les usines étaient couvertes par des programmes internationaux de groupes japonais, souscrits à Tokyo en dommages et pertes d'exploitation, avec des fronting locaux. L'inondation y figurait sans sous-limite sérieuse, parce que personne ne la modélisait en Thaïlande. S'y ajoutait la carence de fournisseur : des usines d'Europe ou des États-Unis arrêtées faute de pièces ont réclamé à leurs propres assureurs, loin de la zone sinistrée. Côté réassurance, la question du nombre d'événements s'est posée aussitôt, la clause horaire inondation (souvent 168 heures, parfois davantage) se prêtant mal à une crue qui dure des mois. Le gouvernement crée en 2012 un fonds national d'assurance catastrophe. Les traités Asie ont ensuite sous-limité l'inondation, par pays ou par zone industrielle, et les réassureurs ont demandé le détail des adresses. À ne pas confondre avec le séisme du Tōhoku la même année, qui avait déjà posé la question des chaînes d'approvisionnement, par une autre cause.
Cas d'école : un assureur porte 20 % des programmes de trois industriels installés dans trois zones voisines. Sa part de sinistre : 60 millions de dollars dans la zone A, inondée le premier jour, 45 millions dans la zone B, au cinquième, 35 millions dans la zone C, au neuvième. Son traité catastrophe paie 100 millions au-delà de 30 millions par événement, avec une clause horaire de 168 heures. Une fenêtre de sept jours prend A et B (105 millions, 75 récupérés), C forme un second événement (35 millions, 5 récupérés). Total : 80 millions récupérés, 60 millions gardés, la priorité jouant deux fois.
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