Programme d'assurance contrôlé par le maître d'ouvrage (OCIP, CCIP)
Pratique américaine : le maître d'ouvrage (OCIP) ou l'entreprise générale (CCIP) achète pour tout le chantier l'accident du travail et la responsabilité civile que chaque entreprise aurait achetés pour elle-même.
Boston, juillet 1997 : le GAO, la cour des comptes fédérale, relève que l'estimation de 10,8 milliards de dollars du Central Artery/Tunnel, le Big Dig, compte sur des économies tirées pour l'essentiel de son programme d'assurance contrôlé par le maître d'ouvrage, dont 778 millions qui ne se matérialiseraient pas avant 2017. Deux ans plus tard, l'inspection générale du ministère des Transports publie un rapport sur des primes trop payées dans ce même programme. Le principe : au lieu que chaque entreprise achète son accident du travail (workers' compensation), sa responsabilité civile générale et son excédent, puis en répercute le coût dans son offre, le maître d'ouvrage achète tout cela une fois, pour toutes les entreprises inscrites au programme, et leur demande de chiffrer leurs prix hors assurance (bid deduct). L'administration fédérale des routes y ajoute la tous risques chantier (builder's risk), la pollution, la responsabilité professionnelle et la responsabilité envers les chemins de fer. L'automobile et le matériel des entreprises restent dehors. Quand c'est l'entreprise générale qui achète, on parle de CCIP ; quand un même programme couvre une série de chantiers, de rolling wrap-up. L'économie se joue sur la rétention. Le maître d'ouvrage garde de lourdes franchises par sinistre, finance la prévention et administre l'inscription des entreprises, et un chantier mal tenu fait fondre le gain promis. La police unique de chantier française n'en est pas la cousine qu'on croit. Elle réunit la dommages-ouvrage et les décennales des constructeurs, des garanties qui jouent après la réception ; l'OCIP vise l'accident du travail et la responsabilité envers les tiers pendant les travaux, deux risques qu'en France la sécurité sociale et la RC de chaque entreprise prennent en charge.
Cas d'école chiffré. Un chantier de 800 M$ : les entreprises auraient intégré 2,5 % d'assurance à leurs prix, soit 20 M$, qu'elles retirent de leurs offres. Le maître d'ouvrage paie 11 M$ de prime, 1,5 M$ d'administration, et prévoit 5 M$ de sinistres sous ses franchises : 17,5 M$, et 2,5 M$ d'économie. Si les sinistres retenus montent à 9 M$, le programme coûte 11 + 1,5 + 9 = 21,5 M$, et le maître d'ouvrage perd 1,5 M$ sur ce qu'auraient facturé les entreprises.
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