Risque cyber spatial
Exposition des systèmes spatiaux (satellite, segment sol, liaisons) à une cyberattaque capable d'interrompre un service sans toucher physiquement l'engin.
24 février 2022 : une cyberattaque contre le réseau KA-SAT de Viasat met hors service des dizaines de milliers de modems en Europe, et avec eux la télésurveillance de 5 800 éoliennes d'Enercon en Allemagne. Le satellite, lui, n'est pas touché. Le risque cyber spatial désigne cette exposition des systèmes spatiaux (l'engin, son segment sol de contrôle, les terminaux utilisateurs) à une attaque qui interrompt le service sans dommage physique en orbite. Le segment sol est souvent moins protégé que le satellite et branché sur des réseaux terrestres classiques, ce qui en fait une surface d'attaque privilégiée. Compromettre les stations de contrôle ou les modems clients peut couper un service sans qu'aucun sinistre matériel spatial ne soit constaté, et il faut alors savoir quelle garantie joue. Une attaque peut aussi viser les liaisons de commande. La prise de contrôle non autorisée d'un satellite reste un scénario théorique et rare, mais les opérateurs militaires et gouvernementaux le prennent au sérieux. Pour l'assurance, le risque cyber spatial déplace l'analyse du dommage physique vers l'interruption d'activité et la responsabilité. Il pose aussi un problème d'accumulation analogue au cyber terrestre : une vulnérabilité logicielle partagée par un même segment sol ou un même fabricant de terminaux peut toucher en même temps des milliers de clients répartis sur un large territoire.
Le 24 février 2022, une cyberattaque au malware AcidRain a paralysé les modems du réseau satellite KA-SAT de Viasat en Europe, coupant l'accès de dizaines de milliers d'utilisateurs et perturbant au passage le contrôle à distance de milliers d'éoliennes allemandes, sans qu'aucun satellite ne soit physiquement touché.
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