Risque électoral
Pertes qu'un scrutin peut provoquer : violences, émeutes, chute de la monnaie, changement de politique. Un cumul dont la date est connue à l'avance.
Kenya, décembre 2007 : la réélection contestée de Mwai Kibaki déclenche une crise qui fait environ 1 100 morts jusqu'au début de 2008. Mozambique, octobre 2024 : la proclamation des résultats ouvre des mois de manifestations et de troubles. Mexique, juin 2024 : le peso chute après une victoire qui ouvre la voie à la réforme judiciaire. Trois scrutins, trois formes du même risque. Le risque électoral recouvre les pertes nées d'une élection : violence politique et émeutes autour du vote, dépréciation de la monnaie et fuite des capitaux, changement de politique qui touche contrats et licences. L'année 2024 en a fait un sujet de portefeuille : plus de soixante pays et environ la moitié de la population mondiale appelés aux urnes. Ce qui distingue ce risque pour un souscripteur, c'est la date. Un cyclone arrive quand il veut ; une élection est inscrite au calendrier des mois à l'avance, et le cumul de violence politique et d'émeutes se concentre sur quelques semaines dans un même pays. Le marché en tire une pratique connue : certains souscripteurs suspendent ou plafonnent leurs capacités nouvelles sur un pays dans les semaines qui précèdent le scrutin, et rouvrent après les résultats. L'antisélection est évidente, puisque la demande d'assurance monte au moment où le risque est le plus lisible. Nuance : les pires crises éclatent souvent à la proclamation des résultats ou après une décision de justice électorale, parfois des semaines après le vote. À ne pas confondre avec le risque de changement de politique, qui suit une élection régulière et paisible. Les polices de risque politique ne le couvrent que s'il prend la forme d'un acte visé, comme une expropriation.
Cas d'école : un souscripteur violence politique détient sur un même pays d'Afrique de l'Est 40 polices pour un cumul de 150 millions de dollars, concentré dans la capitale. Trois mois avant l'élection présidentielle, il cesse d'accepter des affaires nouvelles sur ce pays et ne renouvelle les polices existantes qu'avec une capacité plafonnée. La demande arrive pourtant, plus forte que d'habitude, de clients qui n'avaient jamais acheté cette garantie et qui la veulent en place avant le jour du vote.
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