Émeutes et mouvements populaires
Péril de violence collective, entre le fait divers et le risque politique, que le marché français couvre en multirisque et que d'autres marchés ont retiré de leurs polices après des vagues d'émeutes coûteuses.
La garantie des émeutes et mouvements populaires couvre les dommages matériels causés aux biens assurés par des personnes prenant part à une émeute, à une grève, à un lock-out ou à un mouvement populaire, ainsi que les dommages résultant des mesures prises par les autorités pour les réprimer. Elle occupe une place charnière. En deçà, il y a le vandalisme individuel, que couvrent les garanties ordinaires. Au-delà, il y a l'insurrection, la rébellion et la guerre civile, que les polices excluent et que seul le marché de la violence politique accepte. La ligne de partage est souvent tracée après coup, au vu de l'ampleur et de l'organisation des violences. En France, la garantie figure couramment dans les contrats multirisques des entreprises et des particuliers, et l'article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure rend en outre l'État civilement responsable des dommages causés par des attroupements ou rassemblements, ce qui ouvre un recours à l'assureur. Pour le souscripteur, le péril a changé de nature : autrefois attritionnel, il produit désormais des sinistres de cumul, concentrés sur quelques jours et quelques villes, qui se modélisent comme une catastrophe.
Les émeutes de la fin juin et du début juillet 2023 en France ont donné lieu, selon la première estimation de la fédération des assureurs, à plus de 11 000 sinistres pour un coût d'environ 650 millions d'euros, concentrés sur une dizaine de nuits. Au Chili, après les troubles d'octobre 2019, les assureurs ont retiré la garantie de leurs polices dommages pour la proposer séparément, à des conditions bien plus restrictives.
SRCC, strikes, riots and civil commotion, émeutes, grèves et mouvements populaires
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