Antisélection
Les assurés qui se savent les plus risqués souscrivent davantage, et le portefeuille se dégrade sans que l'assureur puisse les distinguer des autres.
Akerlof, 1970, Quarterly Journal of Economics : le marché des voitures d'occasion se vide de ses bonnes voitures parce que le vendeur sait ce que l'acheteur ignore. En assurance, l'antisélection naît de la même asymétrie, l'information privée que l'assuré détient sur son propre risque. Chaque hausse de prime destinée à couvrir la sinistralité chasse d'abord les bons risques, si bien que la sinistralité résiduelle croît plus vite que la prime, spirale qui peut ne jamais converger. Le point décisif : elle porte sur l'information résiduelle, une fois neutralisées toutes les variables tarifables, et la segmentation, si fine soit-elle, ne l'atteint pas. Elle explique l'absence de certains marchés, comme l'assurance chômage privée, et se retrouve dans la garantie de passif, où l'on exclut le connu pour couvrir l'inconnu, comme dans le legacy, où le cédant vend ce qui l'inquiète.
Une assurance contre la perte d'emploi serait trop antisélectionnée pour être rentable à n'importe quel prix, car ceux qui se savent menacés souscrivent, et l'assureur ne peut pas les distinguer des autres.
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