Sabotage du réseau TGV (26 juillet 2024)
Incendies volontaires coordonnés sur les installations de signalisation de trois lignes à grande vitesse françaises le matin de l'ouverture des Jeux de Paris : environ 800 000 voyageurs touchés, sans revendication d'un État.
Dans la nuit du 25 au 26 juillet 2024, quelques heures avant la cérémonie d'ouverture des Jeux de Paris, des incendies volontaires frappent des installations de signalisation sur les lignes à grande vitesse Atlantique, Nord et Est. Une quatrième tentative, sur la ligne Sud-Est, est déjouée. Les auteurs connaissaient le réseau : ils ont mis le feu aux fourreaux de câbles aux points où une seule coupure arrête une ligne entière. Environ 800 000 voyageurs sont touchés sur le week-end ; le trafic est rétabli le lundi. Dans la nuit du 28 au 29 juillet, des fibres optiques, surtout celles de SFR, qui portent aussi du trafic de Bouygues Telecom et de Free, sont sectionnées dans six départements. L'enquête s'est orientée vers l'ultragauche, sans attribution à un État. Pour l'assurance, le cas sépare deux mondes. Le dommage matériel de SNCF Réseau relève de ses propres couvertures, ou de son auto-assurance. La perte des autres, voyageurs, hôteliers, organisateurs, relève de garanties qui exigent presque toujours un dommage dans les locaux de l'assuré ou chez un fournisseur nommé. Une ligne ferroviaire n'est ni l'un ni l'autre. Et la qualification compte : sabotage, terrorisme ou acte d'un État, chacun appelle une clause différente, et le libellé T3 ne couvre que le dommage matériel de l'assuré.
Cas d'école : un traiteur lillois devait livrer par TGV trois réceptions parisiennes le 26 juillet 2024. Les trains ne partent pas, il perd 70 000 euros de commandes. Sa police multirisque porte une extension de carence d'accès, qui exige un dommage dans un rayon d'un kilomètre autour de ses locaux. Le sabotage a eu lieu à 80 kilomètres : rien n'est dû.
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