Scénario de catastrophe cyber
Événement cyber extrême mais plausible, décrit dans le détail, qui sert à mesurer ce qu'un portefeuille perdrait en cas de cumul, faute d'historique suffisant pour une approche purement statistique.
Faute d'un historique suffisant de catastrophes cyber, les assureurs et les régulateurs mesurent le cumul au moyen de scénarios : des événements extrêmes mais plausibles, décrits dans leur mécanisme, leur propagation et leur durée, dont on calcule l'effet sur un portefeuille donné. Les familles classiques sont la panne prolongée d'un grand fournisseur de services en nuage, le rançongiciel qui se propage par une vulnérabilité commune, l'attaque contre une infrastructure énergétique ou financière, la compromission d'un logiciel omniprésent et la fuite massive de données chez un prestataire partagé. Pour chacun, il faut dire quelles entreprises sont touchées, pendant combien de temps, quelles garanties répondent et lesquelles sont exclues, notamment par les clauses de guerre et d'infrastructure. Le scénario a une vertu que le modèle probabiliste n'a pas : il se discute, puisqu'on peut en contester chaque hypothèse. Il a aussi une limite : sa probabilité est une convention, et le choix du scénario, souvent inspiré d'un événement déjà survenu, laisse de côté la catastrophe que personne n'a imaginée. Les autorités de marché exigent des assureurs qu'ils déclarent leur exposition à des scénarios de référence.
En 2015, un scénario publié par le Lloyd's avec l'université de Cambridge décrivait une attaque contre le réseau électrique du nord-est des États-Unis privant 93 millions de personnes de courant, pour un coût économique estimé entre 243 milliards et plus de 1 000 milliards de dollars. En 2019, un autre scénario de rançongiciel mondial chiffrait les pertes économiques entre 85 et 193 milliards de dollars.
cyber cat scenario, scénario extrême cyber, cyber realistic disaster scenario
Suivez la recherche
Une lettre par semaine. En tête, la note de souscription de la semaine, quand il en paraît une : une décision datée et argumentée, signée de Paul Bernardski. Ensuite, ce que l'observatoire a publié en risque cyber, en risque politique et en assurance. Sans compte, sans suivi.
Pas de spam, désinscription en un clic, aucune donnée revendue.