Scénario déterministe (catastrophe)
Événement catastrophe unique, décrit en entier (trace, intensité, empreinte), dont on calcule la perte sur un portefeuille sans lui attacher de probabilité, à l'inverse du catalogue stochastique.
Le scénario déterministe est un événement catastrophe unique, décrit en entier (trace, intensité, empreinte au sol), dont on calcule la perte sur un portefeuille sans lui attacher de probabilité. Il répond à « combien si », là où le catalogue stochastique répond à « combien, et à quelle fréquence ». L'usage le plus ancien est le rejeu. L'ouragan Andrew touche terre au sud de Miami le 24 août 1992, et chaque réassureur sait recalculer ce qu'il coûterait sur son portefeuille d'aujourd'hui, avec les valeurs et le bâti d'aujourd'hui. Le Lloyd's en a fait une discipline avec ses scénarios de catastrophe réalistes (RDS, Realistic Disaster Scenarios) : des empreintes imposées, parfois une perte de marché fixée, que chaque syndicat projette sur ses expositions et déclare en brut et en net. Le calcul est simple. L'empreinte donne l'intensité par site, le module de vulnérabilité et le module financier font le reste, sans tirage. Il n'y a donc ni moyenne ni écart-type à lire, seulement un montant. Le résultat se lit seul, ou se replace sur la courbe de dépassement par événement (OEP) pour en déduire une période de retour implicite, qui change d'un portefeuille à l'autre. Les usages se recoupent : contrôle d'accumulation, test de résistance réglementaire, plancher pour un péril sans modèle. Il y a aussi le dialogue avec un conseil d'administration, qui comprend « un Andrew sur Miami » mieux qu'une PML bicentennale. Réserve de praticien : un scénario mesure la perte d'un événement choisi par son auteur. Un portefeuille peut s'organiser pour limiter ses pertes RDS et rester très chargé à vingt kilomètres de l'empreinte, là où aucun scénario ne passe.
Cas d'école, chiffres inventés : un réassureur rejoue une tempête historique sur son portefeuille européen et obtient 180 millions d'euros de perte nette. Sa courbe OEP place 180 millions à une période de retour de 60 ans. Le même scénario, rejoué sur le portefeuille d'un concurrent concentré sur la côte, ressort à 150 ans sur la courbe de celui-ci. Même événement, deux périodes de retour : la fréquence vient de la courbe de chacun, et le scénario n'en porte aucune.
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