Périls non modélisés
Sources de sinistre catastrophe qu'aucun modèle du portefeuille ne couvre, absentes de la perte annuelle moyenne et des PML, que le souscripteur doit charger à part dans son prix et son capital.
Les périls non modélisés sont les sources de sinistre catastrophe qu'aucun modèle du portefeuille ne couvre, et qui manquent donc à la perte annuelle moyenne (AAL), aux PML et à toute la table de pertes. Thaïlande, automne 2011 : la crue de la Chao Phraya noie les zones industrielles autour d'Ayutthaya et de Bangkok. Les grands modélisateurs n'avaient pas de modèle inondation pour le pays. La facture assurée dépasse dix milliards de dollars, et une bonne part tombe chez les assureurs japonais des constructeurs implantés sur place. Le terme recouvre trois réalités. Des périls entiers sans modèle sur une zone : l'inondation dans plusieurs pays d'Asie, le feu de forêt hors des marchés où il a été construit, souvent la grêle. Des sous-périls d'un péril modélisé, comme la liquéfaction de Christchurch en 2011, que les modèles séisme de l'époque saisissaient mal. Et des composantes de perte : pertes d'exploitation liées à un fournisseur, frais de gestion des sinistres, hausse des coûts après l'événement quand l'option n'est pas activée. Le marché les traite par chargement. Un pourcentage s'ajoute à l'AAL modélisée, un scénario déterministe sert de plancher, ou l'expérience de sinistres du cédant sert d'étalon. Le Lloyd's demande aux syndicats de documenter ces chargements dans leur modèle de capital. Ils ne figurent pas dans l'ELT transmise au réassureur, qui doit les reconstituer s'il veut comparer ce qui est comparable. Réserve de praticien : le chargement se fixe à dire d'expert, puis se négocie. En marché mou, il fond d'un renouvellement à l'autre sans que le risque ait bougé, et c'est souvent là que se loge la sous-tarification d'un programme.
Cas d'école, chiffres inventés : un programme dommages en Asie du Sud-Est affiche une AAL modélisée vent et séisme de 4 millions de dollars. Le souscripteur ajoute 25 % pour l'inondation, sans modèle sur la zone, et 10 % pour les pertes d'exploitation liées aux fournisseurs. AAL retenue : 5,4 millions. Au renouvellement suivant, le cédant obtient de ramener l'inondation à 15 %. L'AAL tombe à 5 millions, soit environ 7 % de prime technique en moins, sans un seul changement d'exposition.
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