ShakeMap (USGS)
Carte du mouvement du sol publiée par l'Institut d'études géologiques des États-Unis (USGS) dans les minutes qui suivent un séisme, et reprise comme indice de référence par des contrats paramétriques.
La ShakeMap est la carte du mouvement du sol que l'Institut d'études géologiques des États-Unis (USGS) publie après un séisme notable, et que des contrats paramétriques reprennent comme indice de référence. Elle sort quelques minutes après la secousse. C'est une grille qui donne, point par point, l'accélération maximale du sol (PGA), la vitesse maximale (PGV), des accélérations spectrales à plusieurs périodes et l'intensité Mercalli modifiée (MMI). L'outil est né en Californie du Sud à la fin des années 1990, après Northridge, pour dire aux secours où le sol avait le plus bougé, et il couvre aujourd'hui le monde entier. La carte combine les enregistrements des stations, les témoignages du public recueillis par « Did You Feel It? » et, là où les capteurs manquent, des lois d'atténuation qui estiment la secousse selon la distance à la faille et la nature du sol. Elle alimente PAGER (Prompt Assessment of Global Earthquakes for Response), l'estimation rapide des victimes et des pertes économiques que l'USGS publie avec un code couleur. Pour un souscripteur, la ShakeMap fait le pont entre l'événement et le portefeuille. On y superpose les sites assurés, on lit l'intensité de chacun, et l'on passe d'un déclencheur cat-in-a-box, qui ne connaît que la magnitude et l'épicentre, à un déclencheur qui sait si l'usine a vraiment tremblé. Le revers tient en un mot : versions. La première carte repose sur peu de stations et une géométrie de faille approximative. Elle est révisée à mesure que les données arrivent, parfois pendant des semaines, et l'intensité d'un site peut monter ou descendre d'un cran. Un contrat bien rédigé nomme la variable lue (PGA en g, ou MMI) et la règle d'interpolation entre les points de la grille. Il nomme aussi la version qui fait foi (la première, ou celle disponible à une date fixée après l'événement) et la source de repli si l'USGS change de format ou cesse de publier. L'USGS n'est partie à aucun de ces contrats et ne répond pas de l'usage qu'on fait de ses cartes.
Cas d'école, chiffres inventés : une police paramétrique paie 50 % de sa limite si l'accélération maximale du sol (PGA) lue sur la ShakeMap au droit de l'usine dépasse 0,25 g. Elle paie 100 % au-delà de 0,40 g. La première version, publiée vingt minutes après le séisme, affiche 0,38 g. Une semaine plus tard, deux stations de plus et un modèle de faille finie portent la valeur à 0,43 g. Le contrat retient la version disponible le dixième jour : l'assuré touche la limite entière, là où une clause « première version » lui aurait donné la moitié.
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