Assurance paramétrique séisme
Couverture qui paie selon les paramètres physiques d'un séisme publiés par une agence (magnitude, profondeur, épicentre, ou intensité du mouvement du sol aux sites assurés), et non selon les dommages constatés.
L'assurance paramétrique séisme est une couverture qui paie selon les paramètres physiques d'un séisme publiés par une agence, et non selon les dommages constatés. Magnitude 7,5 ou plus, hypocentre à moins de 70 km de profondeur, épicentre dans un polygone tracé autour de la capitale : voilà un déclencheur séisme de première génération, dit cat-in-a-box. Les variables viennent d'une agence nommée au contrat, le plus souvent l'Institut d'études géologiques des États-Unis (USGS), parfois le service sismologique national, et chaque boîte de la carte porte son propre seuil. Le séisme qui tombe dans la boîte au-dessus du seuil paie ; celui qui tombe à dix kilomètres du bord ne paie rien, même s'il secoue la ville plus fort. La seconde génération lit l'intensité du mouvement du sol aux lieux exposés, accélération maximale du sol (PGA) ou intensité Mercalli modifiée, tirée d'une carte comme ShakeMap, et pondère chaque site par sa valeur. Le risque de base baisse, la mécanique se complique : la carte est révisée dans les jours qui suivent, et le contrat doit dire quelle version fait foi et à quelle date elle est figée. Le séisme se prête bien au paramétrique. Les paramètres sont publiés en quelques minutes par des institutions sans intérêt au contrat, et la relation entre secousse et dommages est mieux modélisée que pour l'inondation. Restent les écarts que l'indice ne voit pas : un tsunami, la liquéfaction des sols, l'incendie qui suit, ou un séisme modéré très proche d'une ville mal construite. Les acheteurs sont des États et des villes qui veulent de la liquidité avant la reconstruction. Viennent ensuite des opérateurs d'infrastructure, des entreprises dont les sites se concentrent sur une même faille, et des assureurs pour une part de leur rétention. Le format existe en police, en réassurance et en cat bond, et la Banque mondiale en a placé pour plusieurs pays d'Amérique latine, dont le Mexique, le Chili et le Pérou.
Le 7 septembre 2017, un séisme de magnitude 8,1 frappe au large du Chiapas. La Banque mondiale avait placé quelques semaines plus tôt un cat bond pour le Mexique. Sa tranche séisme, 150 millions de dollars, est versée en totalité sur les paramètres publiés, sans qu'aucun expert ait mis le pied dans une maison. Le séisme de Puebla, le 19 septembre, plus meurtrier pour Mexico, n'aurait pas déclenché de toute façon : à magnitude 7,1, il restait sous les seuils, et la tranche avait déjà été versée en entier.
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