Spirale de rétrocession
Un même risque rétrocédé en boucle dans un cercle fermé de réassureurs, qui s'y concentre au lieu de se diluer.
6 juillet 1988 : la plateforme Piper Alpha explose en mer du Nord et fait 167 morts ; le sinistre tourne ensuite des années dans le marché LMX du Lloyd's, d'un syndicat à l'autre. Dans une spirale de rétrocession, un risque cédé plusieurs fois à l'intérieur d'un petit groupe de réassureurs revient frapper son porteur initial, et plus d'une fois. Chacun croit avoir transféré une part de son exposition. Il l'a gardée, par un chemin détourné. En cercle fermé, la rétrocession fait tourner le risque sans le répartir, et un risque qui tourne s'accumule aux nœuds du cercle. Le marché de Londres l'a payé cher au tournant des années quatre-vingt-dix. La conséquence la plus grave tient à l'information : une fois les rétrocessions dénouées, personne n'a de vue consolidée de qui porte réellement quoi.
Un risque rétrocédé en cercle fermé est recyclé plutôt que transféré, comme l'a montré la spirale LMX du Lloyd's après Piper Alpha en juillet 1988. Il ne devrait donc pas alléger les exigences de capital comme le ferait une vraie cession à un tiers extérieur au cercle.
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