Surveillance de crédit et d'identité (credit and identity monitoring)
Service offert gratuitement aux personnes dont les données ont fui, qui alerte sur toute ouverture de crédit ou usage suspect de leur identité et finance la remise en ordre en cas d'usurpation, pratique née aux États-Unis.
La surveillance de crédit et d'identité est un service offert gratuitement aux personnes dont les données ont fui : il les alerte quand un crédit s'ouvre à leur nom ou que leur identité sert ailleurs, et finance la remise en ordre en cas d'usurpation. Le 22 juillet 2019, Equifax signe avec la FTC (Federal Trade Commission), le CFPB (Consumer Financial Protection Bureau) et les États un règlement d'au moins 575 millions de dollars pour la violation de 2017 qui avait touché environ 147 millions de personnes. Le fonds des consommateurs pouvait monter jusqu'à 425 millions : 300 millions d'abord, 125 millions de plus s'il s'épuisait. Il payait la surveillance de crédit, la restauration d'identité et les pertes avérées. Le produit a deux étages. La surveillance de crédit passe par les bureaux de crédit ; la surveillance d'identité élargit au dark web, aux changements d'adresse, aux usages du numéro de sécurité sociale. La restauration d'identité, elle, met un gestionnaire au service de la victime pour défaire l'usurpation. L'offre court en général douze ou vingt-quatre mois, et certains États l'imposent quand des numéros de sécurité sociale ont fui : vingt-quatre mois au Connecticut depuis le 1er octobre 2018, un an au Delaware, dix-huit mois au Massachusetts depuis 2019. Hors de ces cas, c'est un usage de marché et un argument de défense devant le juge d'une action de groupe. Pour le souscripteur, le coût se joue sur le taux d'adhésion. Il est faible : Experian l'évaluait sous une personne sur dix en 2015, autour de 8 % plus récemment. La police paie l'abonnement des inscrits, parfois sous le poste des frais de notification, parfois dans une sous-limite propre ; prévoir tout le fichier au prix plein surévalue la réserve. Ce qui coince : l'offre volontaire, non exigée par la loi, que certains libellés excluent, et la durée, quand l'assuré promet trois ans au lieu de deux. En Europe, l'usage existe à peine, faute de bureaux de crédit comparables ; le poste pèse surtout sur les fichiers américains.
Cas d'école : une enseigne fictive notifie 200 000 personnes, offre de vingt-quatre mois. Hypothèse : 8 % d'adhésion, soit 16 000 inscrits, à 10 $ par inscrit et par an. Coût : 16 000 × 10 × 2 = 320 000 $. Si l'adhésion monte à 15 % après une couverture de presse, le coût passe à 600 000 $.
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