Vol du Cri au musée Munch d'Oslo (2004)
Le 22 août 2004, des hommes armés emportent « Le Cri » et « Madone » du musée Munch d'Oslo en plein jour ; les toiles reviennent abîmées deux ans plus tard. Le cas d'école du vol à main armée en heures d'ouverture.
Le dimanche 22 août 2004, en fin de matinée, des hommes cagoulés et armés entrent au musée Munch d'Oslo devant les visiteurs, menacent le personnel, décrochent « Le Cri » et « Madone » et repartent en voiture. Les deux toiles reviennent à la fin d'août 2006, abîmées, avec notamment une trace d'humidité sur « Le Cri ». Selon la presse de l'époque, les œuvres, propriété de la ville d'Oslo, n'étaient pas assurées contre le vol. Le musée ferme ensuite plusieurs mois pour revoir sa sûreté. Il y avait un précédent : le 12 février 1994, jour de l'ouverture des Jeux de Lillehammer, la version du Cri de la Galerie nationale avait été emportée de nuit par une fenêtre, puis retrouvée en mai. Les deux affaires n'ont pas le même profil. La nuit, la protection tient aux alarmes et aux délais d'intervention ; en plein jour, face à des armes, le gardien ne résiste pas, et l'accrochage ou la vitrine deviennent la seule barrière. D'où la place que les souscripteurs fine art donnent à la sûreté comme condition de garantie : système d'accrochage antivol, vitrage, présence d'agents, procédure en cas d'attaque, avec une exclusion ou une sous-limite si le niveau déclaré n'est pas tenu au jour du sinistre. Le vol à main armée ajoute un risque pour les personnes, otages ou blessés, qui relève d'autres polices. Après la restitution, la question devient celle de la dépréciation : une toile retrouvée et restaurée garde la trace du sinistre, sur le constat d'état comme sur la cote. À ne pas confondre avec le vandalisme militant sur œuvres, où l'auteur reste sur place et ne cherche pas à emporter l'œuvre.
Cas d'école : une collection privée assurée 20 millions d'euros déclare un gardiennage en heures d'ouverture et un accrochage antivol. La police prévoit une sous-limite de 25 % de la somme assurée si la sûreté déclarée n'est pas en place au jour du sinistre. Une œuvre de 8 millions est volée sous la menace d'une arme alors que l'accrochage antivol avait été retiré pour un changement d'accrochage. L'indemnité est plafonnée à 25 % de 20 millions, soit 5 millions ; l'assuré garde 3 millions.
vol du Cri et de Madone, braquage du musée Munch, Scream theft, vol du Cri de 1994
Suivez la recherche
Une lettre par semaine. En tête, la note de souscription de la semaine, quand il en paraît une : une décision datée et argumentée, signée de Paul Bernardski. Ensuite, ce que l'observatoire a publié en risque cyber, en risque politique et en assurance. Sans compte, sans suivi.
Pas de spam, désinscription en un clic, aucune donnée revendue.