Vol du musée Isabella Stewart Gardner (1990)
Treize œuvres volées à Boston dans la nuit du 18 mars 1990, environ 500 millions de dollars, dans un musée sans assurance vol : aucune indemnité, et une récompense pour seule voie de récupération.
Dans la nuit du 18 mars 1990, deux hommes en uniforme de police se font ouvrir la porte de service du musée Isabella Stewart Gardner, à Boston, ligotent les deux gardiens au sous-sol et repartent avec treize œuvres, dont « Le Concert » de Vermeer et « La Tempête sur la mer de Galilée », la seule marine connue de Rembrandt. La valeur le plus souvent citée tourne autour de 500 millions de dollars. Le musée n'avait pas d'assurance vol. Pas d'indemnité, donc, et pas d'assureur subrogé pour financer sa propre traque ou négocier un rachat. Un souscripteur fine art lit le dossier à l'envers. Une collection de cette valeur sur un seul site, gardée de nuit par deux personnes, aurait d'abord posé une question de cumul, avant toute question de taux, et la sûreté (procédure d'ouverture de la porte, rondes, alarme reliée à un central) serait passée en condition de garantie. Le musée a porté seul la perte. Sa seule « indemnité » possible est la restitution, et il la paie d'avance sous forme de récompense : 5 millions de dollars pendant des années, portée à 10 millions en 2017. Le testament de la fondatrice interdit de modifier l'accrochage, et les cadres vides sont restés aux murs. L'affaire rappelle aussi qu'une œuvre aussi célèbre est invendable au grand jour : sa valeur de marché ne dit rien de ce qu'elle vaut pour ceux qui la détiennent. Plus de trente-cinq ans après, aucune des treize pièces n'a été retrouvée. À ne pas confondre avec le vol d'œuvres d'art en général, risque que la fiche du même nom décrit pour toutes les collections, ni avec une clause de rachat après récupération, qui suppose qu'une indemnité ait été versée.
Cas daté : le musée offre 10 millions de dollars pour la restitution des treize œuvres en bon état. Rapportée à la valeur couramment citée de 500 millions, la récompense pèse 2 % du préjudice. Un assureur qui aurait garanti la collection en valeur agréée à ce montant aurait payé 500 millions, serait devenu propriétaire des œuvres, et aurait pu offrir la même récompense : 10 millions pour reprendre un actif de 500, un coût de récupération de 2 % qu'il aurait ensuite cherché à revendre à l'assuré par la clause de rachat.
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