Trente secondes devant un CV
Prenons le cas tel qu'il se présentera. Un cabinet de courtage cherche un chargé de clientèle cyber. Sur un CV, une ligne : « AlgoPolis, certification : souscrire le cyber », suivie d'un numéro de la forme AP-2026-K3F9Q-7B2E. La recruteuse n'appelle personne. Elle tape algopolis.eu/verification/ puis le numéro, et la réponse s'affiche avant qu'elle ait refermé le PDF.
Ce qu'elle lit là, et seulement là, fait la valeur de la ligne. Le reste du CV, elle le croit ou non ; cette ligne-ci se contrôle.
Ce que le mot autorise
Le mot « certification » n'appartient à personne. Une université délivre des certificats hors de tout répertoire national, un équipementier réseau certifie ceux qui savent configurer ses routeurs, et nul n'y trouve à redire. La faute commence quand l'émetteur laisse entendre qu'un registre public, un financement ou une autorité de l'État se tient derrière lui alors qu'il n'y a rien : pratique commerciale trompeuse, article L. 121-2 du code de la consommation. L'acheteur le découvre tôt ou tard, en général le jour où il voulait s'en servir.
D'où la mention que porte toute page d'AlgoPolis qui nomme sa certification, celle-ci comprise :
Certification privée délivrée par AlgoPolis sous sa seule autorité. Elle n'est enregistrée ni au RNCP ni au répertoire spécifique de France Compétences, et n'est pas éligible au compte personnel de formation.
Deux phrases, et le tiers sait d'emblée ce qu'il n'a pas devant lui.
Ce que la page de vérification montre
Le numéro d'abord. Sa signature est vérifiée avant que la base soit interrogée, si bien qu'on ne trouve pas les certificats existants en essayant des numéros au hasard. Les lettres I, L, O et U n'y figurent jamais : recopié à la main, un « 1 » ne se confond pas avec un « l ». Un numéro inventé ou mal tapé reçoit une réponse sèche, aucun certificat ne le porte.
Puis l'état : valide ou révoqué, et pour un retrait, sa date et son motif. La certification privée ne périme pas. Un remboursement ou une contestation de paiement suffit à révoquer ; le certificat que plus rien ne paie ne vaut plus comme justificatif. Suivent le parcours suivi, sa durée et la date d'obtention.
Le nom, ensuite, ou son absence. Le titulaire choisit s'il paraît. S'il a refusé, la page l'écrit : « Le titulaire n'a pas souhaité que son nom soit publié. Le certificat reste vérifiable. » La recruteuse rapproche alors le numéro du CV qu'elle tient, et cela lui suffit.
La page refuse toute mise en cache : une révocation prononcée ce matin se lit dès ce matin. Pour qui ne veut pas nous croire sur parole, le contenu est signé cryptographiquement, et la signature se vérifie avec notre clé publique, sans nous solliciter. Elle resterait vérifiable si le site disparaissait.
Ce qu'elle ne vaut pas
Elle ne porte aucun adossement public, et rien sur le certificat ne prétend le contraire. Elle n'immatricule personne à l'ORIAS : exercer comme intermédiaire au sens de l'article L. 511-1 du code des assurances obéit à ses propres conditions, que nulle certification privée ne remplit.
Elle ne prouve pas non plus qu'on sait souscrire. Elle atteste qu'à une date donnée, son titulaire a passé l'examen d'un cours précis au-dessus de 70 %, seuil annoncé avant la première question. Un candidat qui a réussi RT-1 sait calculer un rate on line et lire une clause horaire ; savoir s'il tiendrait sa ligne face à un souscripteur de traité qui négocie, l'entretien le dira.
Le parcours
Les cours sont libres, l'examen aussi, et le score s'affiche sans rien payer. Seul le certificat nominatif, vérifiable, avec son pourcentage, est payant : 7,99 € TTC pour un cours, 11,99 € TTC pour une spécialisation, 17,99 € TTC pour un domaine. Au 31 octobre 2026, il n'est pas encore en vente, et l'écran le dit : « Le certificat sera disponible prochainement. » Une exception : le certificat de CY-1 est offert, avec un compte gratuit, à qui réussit son questionnaire. Le cours et l'examen, eux, se font aujourd'hui.
- La spécialisation Cyber, cinq cours, de CY-1, « Que couvre une police cyber, et dans quel ordre ? » à CY-5, « Qui décide qu'une cyberattaque est un acte de guerre ? », où se lit l'affaire Merck et NotPetya. L'examen du premier cours : validation de CY-1.
- Les traités de réassurance, deux cours : RT-1, « Qui porte quoi, et à quel prix ? », puis RT-2, « Le contrat dit quoi, et qui paie si l'on ne s'entend pas ? ». Les examens : RT-1 et RT-2.
- Les certifications et leurs prix.