Action sociale ut singuli
Action en responsabilité exercée par un ou plusieurs actionnaires contre les dirigeants au nom et pour le compte de la société, dont le produit revient à celle-ci, et qui constitue un risque central de l'assurance des dirigeants.
Lorsque des dirigeants causent un préjudice à la société par leur faute de gestion, c'est normalement à la société elle-même, représentée par ses organes, d'agir contre eux. Mais ces organes sont précisément dirigés par les personnes mises en cause, qui n'ont aucun intérêt à se poursuivre. L'action sociale ut singuli permet à un ou plusieurs actionnaires d'exercer l'action à la place de la société, en son nom, les dommages et intérêts obtenus revenant à la société et non aux actionnaires demandeurs. Le code de commerce français l'organise pour les sociétés anonymes et répute non écrites les clauses qui en subordonnent l'exercice à un avis préalable de l'assemblée. Les droits anglo-saxons connaissent un mécanisme équivalent, l'action dérivée, très pratiqué aux États-Unis. Pour l'assurance des dirigeants, cette action est l'un des risques principaux, et elle pose une question de rédaction : puisqu'elle est formée au nom de la société, qui est souvent aussi assurée, elle pourrait tomber sous l'exclusion des réclamations entre assurés. Les polices prévoient donc une exception expresse pour les actions sociales exercées sans la participation des dirigeants poursuivis.
Cas d'école : des actionnaires minoritaires d'une société cotée engagent une action sociale contre le conseil d'administration, lui reprochant d'avoir ignoré les alertes de cybersécurité avant une attaque qui a coûté 80 millions d'euros. S'ils obtiennent 25 millions, la somme revient à la société ; la police de responsabilité des dirigeants la prend en charge grâce à l'exception prévue pour les actions sociales.
ut singuli, derivative action, action sociale exercée par les actionnaires
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