Ajustement symétrique du choc actions
Mécanisme contracyclique de Solvabilité II qui réduit le choc appliqué aux actions après une chute des marchés et l'augmente après une hausse, pour éviter que les assureurs ne vendent tous en même temps.
Dans la formule standard de Solvabilité II, les actions détenues par un assureur subissent un choc qui détermine le capital requis : de l'ordre de 39 pour cent pour les actions cotées de pays développés, 49 pour cent pour les autres. Appliqué mécaniquement, ce choc aurait un effet pervers. Après une forte baisse des marchés, les fonds propres des assureurs diminuent en même temps que leurs besoins de capital restent élevés ; pour rétablir leur ratio, ils seraient poussés à vendre des actions, ce qui accentuerait la baisse. L'ajustement symétrique corrige ce mouvement. Il compare le niveau actuel d'un indice actions de référence à sa moyenne sur trois ans, et ajuste le choc en conséquence, dans une fourchette de plus ou moins dix points : après une chute, le choc diminue, après une hausse prolongée, il augmente. L'autorité européenne des assurances publie chaque mois la valeur de l'ajustement. Le mécanisme a joué pleinement en mars 2020, lorsque la chute brutale des marchés l'a porté à sa borne basse, allégeant les besoins de capital au moment où les fonds propres fondaient. Il illustre une préoccupation constante de la réglementation prudentielle : éviter qu'une règle conçue pour protéger chaque assureur ne fragilise le système en poussant tous les assureurs dans la même direction au même moment.
Cas d'école : après une chute des marchés de 30 pour cent en un mois, l'ajustement symétrique passe de plus 2 à moins 10 points. Le choc actions d'un assureur tombe de 41 à 29 pour cent : son besoin de capital baisse au moment où ses fonds propres diminuent, et il n'a pas à vendre ses actions au plus bas.
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