Année ouverte (open year of account)
Millésime du Lloyd's qu'on ne peut pas clore par réassurance de clôture au bout de trois ans, faute de pouvoir estimer ses engagements ; il reste ouvert et le capital de ses membres reste immobilisé.
Au début des années 1990, de nombreux syndicats du Lloyd's traînaient des millésimes des années 1980 qu'aucun syndicat repreneur n'acceptait de clore : l'amiante et la pollution américaines rendaient leurs engagements impossibles à chiffrer. Ces millésimes sont restés ouverts jusqu'à ce qu'Equitas reprenne en 1996 tout ce qui datait de 1992 et avant. Le mécanisme n'a pas disparu avec eux. À la fin de la troisième année, le managing agent doit proposer une réassurance de clôture à un prix que l'actuaire du syndicat peut défendre, et que le millésime suivant, donc d'autres membres, acceptera de payer. S'il ne le peut pas, parce que la fourchette d'estimation est trop large sur une branche ou un événement, le millésime reste ouvert. Ses membres y demeurent, ses Funds at Lloyd's restent bloqués, aucun résultat définitif ne se distribue, et l'agent doit revoir chaque année si la clôture est devenue possible. Le choix est un arbitrage entre deux groupes de membres. Clore à un prix trop bas fait payer le millésime suivant ; laisser ouvert garde le problème chez ceux qui l'ont souscrit, au prix d'un capital immobilisé et de sorties impossibles. Les années ouvertes sont devenues rares, et le marché du run-off a ouvert une porte que les Names n'avaient pas : la réassurance de clôture peut aujourd'hui être placée chez un repreneur extérieur au syndicat. Un millésime ouvert reste un aveu, que le marché lit comme tel. À ne pas confondre avec le millésime de souscription clos normalement à trente-six mois, ni avec un syndicat en run-off, qui ne souscrit plus mais peut avoir clos tous ses millésimes.
Cas d'école : fin 2025, le millésime 2023 d'un syndicat porte 120 millions de livres de provisions, dont 90 millions sur des branches courtes que l'actuaire chiffre sans peine et 30 millions sur un sinistre de responsabilité dont la fourchette va de 20 à 70 millions. Faute de prix défendable, l'agent laisse le millésime ouvert. Un membre qui détient 2 % du millésime voit 2 % du capital requis, 60 millions, soit 1,2 million, rester bloqué. Fin 2027, le sinistre se règle à 45 millions et le reste se clôt.
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