Assurance de collection privée
Police du particulier qui détient des œuvres chez lui et dans plusieurs résidences, sur la base d'un inventaire et de valeurs convenues, hors de la multirisque habitation.
Un collectionneur possède cent quarante pièces réparties entre un appartement à Paris, une maison en Normandie et un garde-meuble. Sa multirisque habitation plafonne les objets de valeur à un pourcentage du mobilier, avec une exclusion pour les vols commis sans effraction. La police de collection fonctionne autrement. Les valeurs sont convenues pièce par pièce sur la foi d'un inventaire, et la couverture vaut au domicile comme en transit, y compris les prêts à des musées et les passages chez le restaurateur. Le souscripteur réclame photos, factures, expertises, parfois la visite du dispositif d'alarme. Les sinistres de ce marché sont ordinaires : une fuite derrière un mur, un cadre accroché trop près d'un radiateur, un vol chez un employé de maison. La valeur évolue avec les ventes publiques. La pratique est de réévaluer tous les trois à cinq ans ; sans cela, le collectionneur se retrouve sous-assuré après une belle enchère. Les assureurs d'art proposent aussi des services de conservation et de conseil, séparés de la garantie.
Cas d'école : un collectionneur assure 140 pièces pour 11 millions d'euros, dont un dessin de Degas retenu à 900 000 euros. Après une vente publique où un dessin comparable atteint 1,6 million, il demande un avenant. L'assureur exige une expertise nouvelle avant de modifier la valeur convenue.
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