Assurance des forêts
Contrat qui couvre les peuplements sur pied contre l'incendie et, de plus en plus, la tempête, en indemnisant la valeur du bois perdu et les frais de nettoyage et de reconstitution selon un barème à l'hectare.
L'assurance des forêts garantit la valeur des arbres sur pied et le coût de reconstitution d'une parcelle après un sinistre, principalement l'incendie et la tempête. La France a sa leçon datée. Le 24 janvier 2009, la tempête Klaus couche ou casse 42,5 millions de mètres cubes de bois sur plus de 685 000 hectares, dont 37 millions de pin maritime, soit plus de cinq années de récolte ; l'Aquitaine porte 95 % des dégâts et la forêt privée l'essentiel. Dix ans après Lothar et Martin, la plupart des propriétaires n'étaient toujours pas assurés contre la tempête, et c'est le plan chablis, porté à 490 millions d'euros, qui a financé nettoyage et replantation. Le contrat se souscrit par parcelle, sur une valeur à l'hectare fixée par essence et par classe d'âge. On distingue la valeur du bois exploitable, qui baisse après une tempête parce que le marché est saturé, et la valeur d'avenir d'un jeune peuplement qui n'a encore rien rapporté. L'indemnité couvre souvent un forfait de nettoyage et de replantation plutôt que la valeur marchande. Le souscripteur regarde l'essence (le résineux casse plus que le feuillu), l'âge, la hauteur, l'exposition au vent, l'existence de pistes et de points d'eau pour le feu. Le cumul est le problème central : une tempête comme Klaus ou un été de feux comme 2022 frappent des milliers de parcelles voisines. D'où des franchises élevées, des plafonds par événement et une réassurance catastrophe en excédent de sinistres.
Cas d'école : un propriétaire landais assure 120 hectares de pin maritime de vingt-cinq ans sur une valeur de 4 000 euros l'hectare, avec une franchise de 10 % de la valeur assurée par parcelle. Une tempête couche 80 hectares. Le bois vendu à prix cassé rapporte 900 euros l'hectare. L'assurance paie l'écart entre valeur assurée et bois récupéré sur les 80 hectares, soit 248 000 euros, moins la franchise de 32 000 euros, et un forfait de reboisement selon le barème du contrat.
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