Atelier d'artiste (assurance de l'atelier)
Local où l'artiste crée et garde ses œuvres non vendues, assuré sur une valeur de production plutôt que sur le prix du marché, avec une prise en charge des œuvres en cours.
Un sculpteur perd douze pièces dans un incendie d'atelier. Ses bronzes valent 25 000 euros chacun en galerie. La police le rembourse pourtant à la valeur de production, c'est-à-dire le coût des matériaux et de la fonderie : environ 6 000 euros pièce. Le décalage tient à une règle fréquente des polices d'atelier. Elles indemnisent à la valeur de reconstitution les œuvres que l'artiste a faites, et ne paient le prix de vente que si l'œuvre est vendue et en attente de livraison. Les œuvres en cours posent une question particulière : on ne peut pas refaire un tableau à moitié peint avec la main de l'artiste. Les experts hésitent alors entre le coût des matières, le temps passé et un prix d'atelier. Le stockage compte aussi : peintures à l'huile et solvants font un risque d'incendie que l'assureur regarde de près. Un atelier dans un ancien entrepôt industriel n'est pas jugé comme un grenier aménagé. Les polices de marchand ou de collectionneur ne s'appliquent pas à ce stock, qui relève d'un contrat distinct.
Cas d'école : une peintre perd par un dégât des eaux 18 toiles non vendues, que sa galerie évalue à 220 000 euros. La police d'atelier paie la valeur de production, 41 000 euros. Elle conteste en produisant trois ventes récentes ; l'expert accepte de relever la base pour deux toiles terminées et déjà réservées par des acheteurs.
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