Réserve obtenue en réinjectant l'ultime de Bornhuetter-Ferguson comme nouvel a priori, ce qui donne un estimateur de crédibilité dont l'erreur quadratique est inférieure à celle de ses deux parents.
Chain ladder croit entièrement le triangle, Bornhuetter-Ferguson croit entièrement l'a priori pour la part non développée. Benktander fait un tour de plus : il reprend l'ultime sorti de Bornhuetter-Ferguson et le réutilise comme loss ratio a priori dans une seconde passe. Algébriquement, le résultat est une moyenne pondérée entre chain ladder et Bornhuetter-Ferguson dont le poids est le pourcentage développé lui-même : plus l'exercice est mature, plus la méthode se rapproche du chain ladder, ce qui est exactement le comportement souhaité. Benktander et Hovinen ont montré indépendamment que cet estimateur a une erreur quadratique moyenne inférieure à celle du chain ladder et à celle de Bornhuetter-Ferguson dans la plupart des configurations réalistes, ce qui en fait un choix par défaut raisonnable quand on hésite entre les deux. Il hérite cependant du même point aveugle : si le schéma de développement est faux, les trois méthodes se trompent ensemble et dans le même sens.
Exercice de survenance 2023 d'une branche construction, arrêté au 31 décembre 2025, pourcentage développé 40 %. Chain ladder rend un ultime de 18,0 M EUR, Bornhuetter-Ferguson 14,4 M EUR avec un a priori de 12 M EUR. Benktander rend 0,40 × 18,0 + 0,60 × 14,4 = 15,8 M EUR. La réserve passe donc de 7,2 M EUR sous Bornhuetter-Ferguson à 8,6 M EUR, et l'écart de 1,4 M EUR est précisément la part de crédibilité rendue au triangle.
Gunnar Benktander, méthode GB, Benktander-Hovinen, credibility chain ladder