Crédibilité des crédits carbone
Doute sur la réalité des réductions d'émissions vendues sous forme de crédits carbone volontaires, depuis qu'on a appris que la plupart des crédits de certains projets forestiers ne réduisaient rien.
Janvier 2023, The Guardian, Die Zeit et SourceMaterial : sur les projets forestiers examinés, plus de 90 % des crédits de déforestation évitée certifiés par Verra, premier certificateur du marché volontaire, ne correspondaient probablement à aucune réduction réelle. Le défaut tenait au niveau de référence, cette déforestation qui aurait eu lieu sans le projet et que les méthodologies surestimaient. Avec un crédit volontaire, une entreprise compense une part de ses émissions en finançant ailleurs un projet censé les éviter ou les séquestrer ; si le scénario de référence est gonflé, le crédit ne vaut rien. Plusieurs entreprises, des assureurs parmi elles, avaient communiqué sur une neutralité carbone adossée en partie à ces crédits, et l'argument de communication est devenu en quelques semaines un risque d'écoblanchiment caractérisé. Le secteur a répondu par le Conseil pour l'intégrité du marché volontaire du carbone, qui a publié en 2023 ses principes fondamentaux pour séparer les crédits de haute qualité du reste. Depuis, un assureur qui cite des crédits dans sa communication climat documente leur traçabilité et leur vérification bien plus serré qu'avant, et le souscripteur D&O d'un émetteur regarde de près ce qui s'écrit sur la neutralité dans son rapport annuel.
En janvier 2023, une enquête de The Guardian, Die Zeit et SourceMaterial a montré que plus de 90 % des crédits de déforestation évitée certifiés par Verra pour les projets forestiers examinés ne correspondaient probablement à aucune réduction d'émissions réelle. La confiance dans le marché volontaire du carbone en a été ébranlée.
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