Définition de l'événement cyber (réassurance)
Clause d'un traité en excédent de sinistre qui dit quand plusieurs sinistres cyber forment un seul événement, par cause commune, fenêtre de temps ou attaquant, et dont dépend toute la protection contre le cumul.
Un traité en excédent de sinistre par événement ne répond que si les sinistres de l'assureur peuvent être additionnés au titre d'un même événement. Pour un ouragan, la question se règle par une clause horaire et une zone géographique. En cyber, aucune de ces deux bornes ne fonctionne : un logiciel malveillant se propage partout à la fois, une campagne peut durer des semaines, et plusieurs groupes peuvent exploiter la même faille. Le marché a donc construit des définitions spécifiques, qui combinent trois critères. La cause commune, par exemple l'exploitation d'une même vulnérabilité ou la défaillance d'un même prestataire. La fenêtre de temps, pendant laquelle les sinistres rattachés à cette cause sont agrégés, souvent de quelques jours à quelques semaines selon le type d'événement. Et parfois l'identité de l'attaquant. Chaque choix déplace le risque entre l'assureur et le réassureur : une définition étroite fragmente le cumul en sinistres sous la priorité, une définition large fait payer au réassureur des événements indépendants. La cohérence avec les polices directes est décisive, notamment sur l'exclusion de guerre, faute de quoi l'assureur supporte seul ce qu'il paie et que son traité exclut.
La panne du 19 juillet 2024 provoquée par une mise à jour défectueuse d'un logiciel de sécurité a posé la question en temps réel : les pertes d'exploitation de milliers d'assurés formaient-elles un seul événement au sens des traités, alors qu'il n'y avait ni attaquant ni vulnérabilité exploitée, mais une cause technique unique ? La réponse dépendait mot pour mot de la définition retenue dans chaque traité.
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