Dérive des pertes (loss creep)
Hausse progressive de l'estimation d'une catastrophe dans les mois qui suivent l'événement, qui touche les investisseurs dont la couverture est encore exposée.
Les premières estimations d'une catastrophe reposent sur des modèles et quelques déclarations ; les sinistres réels arrivent ensuite, avec leurs surprises : dommages indirects, inflation des réparations, contentieux et sinistres déclarés tard. Quand l'estimation monte de mois en mois, on parle de dérive des pertes. Pour un réassureur classique, c'est une révision de provision ; pour un titre lié à l'assurance, c'est un problème de liquidité, parce que le collatéral reste bloqué tant que la perte finale n'est pas connue, et qu'une couverture déclenchée sur indice de marché peut être atteinte tardivement. La dérive a été la principale déception des investisseurs après les saisons 2017 et 2018. Elle explique les périodes d'extension des obligations catastrophe et la prudence sur le collatéral piégé.
Après le typhon Jebi de septembre 2018 au Japon, les modélisateurs estimaient la perte assurée entre 2,3 et 4,5 milliards de dollars pour AIR Worldwide, et entre 3 et 5,5 milliards pour RMS ; un réassureur a ensuite relevé sa propre estimation de marché de 44 %, à 13 milliards de dollars, assez pour menacer des garanties de perte sectorielle encore exposées.
loss creep, dérive des estimations de sinistre
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