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Ducroire (del credere)

Engagement par lequel un commissionnaire garantit à son commettant que l'acheteur qu'il lui a trouvé paiera, contre une commission à part ; le mot a fini par nommer l'assurance-crédit elle-même.

Définition

Chambre des lords, 1856, Couturier contre Hastie : les commissionnaires qui avaient vendu pour Couturier une cargaison de grain, déjà écoulée en route par le capitaine au jour de la vente, ne doivent rien, faute de marchandise. On retient l'arrêt pour l'erreur sur l'objet. Les praticiens du crédit y voient autre chose : Hastie était agent del credere, il vendait pour autrui et garantissait en plus que l'acheteur paierait. Le mot vient de l'italien star del credere, répondre de la confiance qu'on a fait accorder. En droit français, le commissionnaire ducroire reste un commissionnaire au sens de l'article L. 132-1 du code de commerce ; la clause de ducroire le rend garant de l'exécution par le tiers, la doctrine y lit un cautionnement, et il touche pour cela une commission de ducroire distincte de sa commission de vente. Le code de commerce allemand encadre la même clause pour l'agent commercial (paragraphe 86b du HGB) : un écrit, des affaires ou des clients déterminés, une rémunération propre. Du négoce, le mot est passé à l'assurance. En Belgique, la garantie publique des ventes à l'étranger remonte à la loi du 7 août 1921 ; l'organisme qui la porte s'est appelé Office national du ducroire jusqu'à son passage sous la marque Credendo, et un praticien de Bruxelles dit encore ducroire là où un Parisien dit assurance-crédit. Le mécanisme a peu bougé. Le commissionnaire garantissait ses propres ventes, sur sa seule signature ; l'assureur-crédit garantit des milliers d'acheteurs qu'il n'a pas trouvés, débiteur par débiteur, avec une limite pour chacun et des fonds propres derrière.

Ses 7 renvois, tissés sur les 18 catégories du glossaire
Ducroire (del credere) : illustration de la fiche Crédit & caution du glossaire AlgoPolis
Exemple

Cas d'école : un commissionnaire lyonnais vend pour un fabricant 400 000 euros de tissus à un grossiste milanais, payables à 90 jours. Commission de vente de 5 %, soit 20 000 euros ; commission de ducroire de 1,5 %, soit 6 000 euros. Le grossiste est déclaré en faillite au soixantième jour. Le commissionnaire paie les 400 000 euros au fabricant, produit au passif et touche deux ans plus tard un dividende de 8 %, 32 000 euros. Il a reçu 6 000 euros pour porter un risque qui lui en a coûté 368 000.

À lire ensuite
Termes associés
Également connu sous

del credere, commission de ducroire, commissionnaire ducroire, convention de ducroire, assurance ducroire

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