Limite de crédit (agrément de l'assureur-crédit)
Montant maximal de créances sur un acheteur que l'assureur-crédit accepte de garantir, qu'il peut réduire ou annuler pour les livraisons futures, et dont les retraits massifs en récession peuvent assécher le crédit interentreprises.
Dans une police d'assurance-crédit, la garantie ne porte pas sur n'importe quelle créance : elle est limitée, pour chaque acheteur, au montant que l'assureur a agréé après avoir analysé sa solvabilité. Cette limite de crédit est l'outil central du métier. Elle est révisable à tout moment, à la hausse comme à la baisse, et une réduction ou une annulation ne vaut que pour les livraisons postérieures à sa notification, les créances déjà nées restant couvertes. L'assureur pilote ainsi son exposition en temps réel, acheteur par acheteur et secteur par secteur, ce que peu d'autres branches permettent. Pour l'assuré, la limite est à la fois une protection et une information : une limite refusée ou réduite signale un doute sur le client, et le fournisseur doit alors choisir entre vendre sans garantie, exiger un paiement comptant ou renoncer à la vente. Cette réactivité a un effet macroéconomique redouté. En période de crise, les assureurs réduisent simultanément les limites sur les secteurs fragiles, ce qui prive les entreprises de crédit fournisseur au moment où elles en ont le plus besoin, et peut précipiter les défaillances que l'on voulait éviter. D'où les dispositifs publics de complément de limites.
Au printemps 2020, face à la hausse attendue des défaillances, les assureurs-crédit ont réduit leurs limites sur l'hôtellerie, la restauration et l'automobile. Pour éviter l'assèchement du crédit interentreprises, plusieurs États européens ont mis en place des dispositifs publics de réassurance ou de complément de limites, tandis que les entreprises dont la limite était réduite devaient exiger des paiements plus rapides de leurs clients.
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