Échelle de première perte
Table qui donne le pourcentage de prime correspondant à une garantie limitée à une fraction de la valeur assurée, ancêtre tabulé de la courbe d'exposition et toujours en usage dans plusieurs marchés.
Ruth Salzmann publie en 1963, dans les Proceedings of the Casualty Actuarial Society (« Rating by Layer of Insurance »), des tables tirées de sinistres d'habitation américains, restées la référence la plus citée du genre. Le principe : un assuré qui ne couvre que les premiers 10 % de la valeur de son usine paie bien plus de 10 % de la prime pleine, parce que cette première tranche concentre l'essentiel de la fréquence. L'échelle de première perte chiffre ce rapport et rend un pourcentage de prime par pourcentage de valeur couverte. On y lit la même information qu'une courbe d'exposition, mise en table et lue dans l'autre sens : la courbe sert au réassureur qui tarife une tranche haute, l'échelle à l'assureur direct qui tarife une garantie basse. En risques industriels, le marché emploie aussi des tables allemandes et suisses. Leur limite est structurelle. Une table calibrée il y a trente ans ignore l'inflation des coûts de reconstruction et la concentration des valeurs, et la relire aujourd'hui sans recalibrer revient à tarifer avec la sinistralité d'une autre époque.
Ruth Salzmann publie ses tables de répartition des sinistres habitation en 1963, dans les Proceedings of the Casualty Actuarial Society, et elles ont servi de référence pendant plusieurs décennies au marché américain. Sur une table industrielle européenne calibrée en 2024, une garantie limitée à 10 % de la valeur assurée consomme 62 % de la prime pleine, et une garantie limitée à 25 % en consomme 84 % : le tarif des trois quarts de valeur restants ne pèse que 16 %.
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