Expertise comptable de sinistres
Intervention d'experts-comptables pour chiffrer une perte d'exploitation ou une perte financière, en reconstituant ce qu'aurait été le résultat sans le sinistre ; elle décide souvent du montant d'un grand sinistre.
Un dommage matériel se chiffre par devis et factures. Une perte d'exploitation, une perte de marge due à une cyberattaque, une atteinte à la réputation ou une fraude interne se chiffrent autrement : il faut reconstituer une réalité qui n'a pas eu lieu, le chiffre d'affaires et la marge que l'entreprise aurait réalisés sans le sinistre. C'est le métier de l'expert-comptable de sinistre. Il analyse les comptes historiques, les tendances saisonnières, les carnets de commandes, les conditions de marché, isole les charges économisées pendant l'arrêt et les frais supplémentaires engagés pour limiter la perte, et vérifie si une partie du chiffre d'affaires perdu a été rattrapée ensuite. Chaque hypothèse peut déplacer l'indemnité de plusieurs millions : une tendance de croissance retenue ou non, une perte due au sinistre ou à un marché déjà en recul. L'assureur mandate en général son propre expert, et l'assuré a intérêt à en mandater un aussi ; de nombreuses polices de dommages et de cyber prennent en charge ces frais de préparation de la réclamation, dans une limite. Sur les grands sinistres d'exploitation, c'est souvent la discussion comptable, et non le constat du dommage, qui occupe l'essentiel du règlement. La qualité de la comptabilité de l'assuré, et sa capacité à produire rapidement des données fiables, pèsent directement sur la vitesse et le montant de l'indemnisation.
Cas d'école : après un rançongiciel qui a arrêté ses usines trois semaines, un industriel réclame 14 millions d'euros de perte d'exploitation. L'expert-comptable de l'assureur relève que 40 pour cent des commandes perdues ont été livrées le mois suivant et que l'énergie non consommée a réduit les charges ; la perte est fixée à 8,5 millions.
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