Feux de forêt et de végétation
Incendie qui se propage dans la forêt, le maquis ou les herbes et atteint les zones bâties en lisière, péril longtemps jugé secondaire et devenu l'un des plus coûteux pour l'assurance habitation de l'Ouest américain.
Les feux de forêt et de végétation sont les incendies qui se propagent dans les forêts, les maquis, les landes ou les prairies, et que le marché suit surtout quand ils atteignent l'interface forêt-habitat (wildland-urban interface, WUI). 8 novembre 2018 : le Camp Fire part d'une ligne électrique de Pacific Gas and Electric (PG&E) et détruit en quelques heures la ville de Paradise, en Californie. 85 morts. PG&E se place sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites en janvier 2019, face notamment aux recours des assureurs subrogés. En Californie, la doctrine de l'inverse condemnation rend l'exploitant d'un réseau responsable des dégâts causés par ses équipements, même sans faute prouvée. Les maisons brûlent rarement par le front de flammes. Elles brûlent par les braises, portées par le vent sur plus d'un kilomètre, qui entrent par une bouche d'aération, une gouttière pleine d'aiguilles, une terrasse en bois ; puis elles s'allument entre elles. Le souscripteur regarde donc la toiture, les ouvertures et l'espace débroussaillé autour du bâti, ce que le code forestier français impose sous le nom d'obligations légales de débroussaillement. Après les feux de 2017 et 2018, plusieurs assureurs ont réduit leurs souscriptions en Californie, et State Farm a cessé en mai 2023 d'accepter de nouvelles demandes en multirisque habitation dans l'État. Le report se fait sur le FAIR Plan, assureur de dernier recours, dont l'exposition avait déjà beaucoup grossi avant les incendies de Los Angeles de janvier 2025. En France, le feu de forêt n'entre pas dans le régime CatNat : il relève de la garantie incendie du contrat. Les modèles simulent l'allumage, la propagation selon le combustible, la pente et le vent, puis le dommage ; leurs écarts restent larges. Réserve de praticien : plusieurs feux distincts pendant une même semaine de vent posent la question de la clause horaire, et les rédactions pensées pour les tempêtes la règlent mal.
Cas d'école, chiffres inventés : un réassureur couvre en excédent de sinistre par événement un assureur habitation californien, priorité de 100 millions de dollars, avec une clause horaire de 168 heures. En six jours de vent sec, trois feux distincts coûtent 70, 60 et 50 millions. Traités comme trois événements, aucun n'atteint la priorité et le réassureur ne paie rien. Si la définition de l'événement agrège les feux nés d'une même situation météorologique dans les 168 heures, les 180 millions dépassent la priorité de 80 millions, à la charge du réassureur.
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