Financement du risque de catastrophe
Organisation, décidée avant l'événement, de la façon dont un État ou une collectivité paiera une catastrophe : réserves, crédit conditionnel, assurance et obligations catastrophe, chacun sur sa tranche de pertes.
Le financement du risque de catastrophe est l'organisation, décidée avant l'événement, de la façon dont un État ou une collectivité paiera une catastrophe, chaque instrument prenant sa tranche de pertes. Le Mexique a créé le FONDEN (Fondo de Desastres Naturales) en 1996, un fonds budgétaire pour reconstruire après les catastrophes. Il l'a ensuite protégé par de l'assurance et, en 2006, par la première obligation catastrophe émise pour le compte d'un gouvernement. Ce montage a servi de modèle à ce que la Banque mondiale appelle le financement du risque de catastrophe : décider à froid qui paie quoi, avec quel argent, et dans quel délai. La méthode tient dans la stratification. Les événements fréquents et modestes restent dans le budget, par une ligne de réserve ou un fonds de contingence. La couche médiane passe par du crédit pré-négocié, que l'État tire sur déclaration d'urgence. Les pertes rares et lourdes partent vers le marché, par une assurance paramétrique souveraine, un pool régional ou un cat bond. Les deux premières couches relèvent du financement : l'argent reste celui de l'État ou lui est prêté. Seule la troisième transfère le risque, et c'est la plus chère par dollar de couverture, ce qui explique qu'on la réserve aux queues de distribution. L'autre variable est le temps : une indemnité paramétrique tombe en jours, un prêt de reconstruction en mois, une aide internationale à une date que personne ne connaît. Une stratégie sérieuse superpose les instruments pour couvrir ces trois horizons et fixe d'avance l'usage des fonds, faute de quoi l'argent arrive vite et se perd. La limite est politique plus que technique. Le FONDEN a été supprimé par un décret du Congrès publié le 6 novembre 2020, qui éteignait d'un coup 109 fonds et fideicomisos publics. Une architecture bâtie sur vingt ans dépend donc d'une majorité parlementaire autant que de la qualité de ses modèles. Pour le marché, ces stratégies créent une demande souveraine identifiable, mais elle reste concentrée sur quelques couches et sur des pays dont la prime est souvent payée en partie par des bailleurs.
Cas d'école, chiffres inventés : un État insulaire estime sa perte annuelle moyenne à 40 millions et sa perte centennale à 900 millions. Il garde 30 millions par an dans une réserve budgétaire et ouvre une ligne de crédit conditionnel de 150 millions, tirable sur déclaration d'urgence. Il achète aussi une couverture paramétrique régionale qui paie jusqu'à 120 millions au-delà d'un indice de perte modélisée de 250 millions. Le reste, plus de 400 millions sur l'événement centennal, demeure sans financement prévu : c'est la part que l'aide internationale ou la dette devront couvrir.
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