Influenza aviaire hautement pathogène
Forme grave de la grippe des oiseaux, due aux sous-types H5 et H7, qui impose l'abattage des élevages touchés ; ses vagues de 2015 à 2023 ont fait de la volaille le premier poste d'indemnisation sanitaire publique en France.
L'influenza aviaire hautement pathogène est une infection virale des oiseaux qui tue vite et se transmet par la faune sauvage migratrice, ce qui la fait revenir chaque automne. En France, la série commence à l'hiver 2015-2016 dans le Sud-Ouest, avec un vide sanitaire imposé à toute la filière canard. Elle se répète en 2016-2017 (H5N8), puis en 2020-2021. La vague 2021-2022 change d'échelle : plus de 1 300 élevages touchés, autour de 19 millions de volailles abattues selon le ministère en septembre 2022, et une indemnisation publique estimée à environ 1,1 milliard d'euros, volets sanitaire et économique réunis. La même année, les États-Unis connaissent leur pire épizootie : près de 58 millions d'oiseaux touchés en 2022 selon l'USDA, dans 46 États, la plupart abattus par dépeuplement. À partir d'octobre 2023, la France vaccine ses canards, première campagne de cette ampleur en Europe, et les foyers de l'hiver suivant chutent. Pour le souscripteur, la grippe aviaire illustre la frontière entre ce qui s'assure et ce qui se socialise. L'État paie les animaux abattus sur ordre et une partie de la perte économique ; le FMSE intervient en complément ; le marché privé offre des garanties de perte d'exploitation et de mortalité par épizootie, à capacité limitée et avec des plafonds par saison. La corrélation géographique fait l'essentiel du prix : dans les Landes en 2022, les foyers se comptaient par centaines dans un rayon de quelques dizaines de kilomètres. La vaccination change la fréquence, mais elle a ses propres effets commerciaux, certains pays tiers ayant restreint les importations de volailles vaccinées.
Hiver 2021-2022 : un éleveur de canards prêts à gaver dans les Landes voit son élevage abattu en janvier, puis reste en zone réglementée jusqu'au printemps. L'État indemnise les animaux à leur valeur marchande et verse des avances sur la perte économique, dont une première de 65 millions d'euros à plus de 5 000 éleveurs. La marge perdue pendant les mois sans mise en place n'est couverte en totalité que si l'éleveur avait souscrit une garantie privée de perte d'exploitation, ce qui restait rare dans la filière.
IAHP, grippe aviaire, influenza aviaire, HPAI, virus H5N1
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