Module financier (modèle catastrophe)
Brique d'un modèle catastrophe qui applique franchises, limites, sous-limites et traités de réassurance à la perte physique, pour passer de la perte au premier euro à la perte brute puis nette.
Le module financier est la brique d'un modèle catastrophe qui applique les conditions des contrats à la perte physique calculée en amont. Il part de la perte au premier euro (ground-up), déduit les franchises, plafonne aux limites et sous-limites des polices, puis applique les traités de réassurance pour passer du brut au net. Il travaille par étages : le site, la police, le compte, le programme. Une franchise par site et une franchise par police ne donnent pas la même perte, et le module ne voit que ce que le fichier d'exposition lui dit. En Floride, les polices habitation portent souvent une franchise ouragan exprimée en pourcentage de la valeur assurée du bâtiment ; la garantie séisme californienne fonctionne de la même façon. Sur un gros événement, ces franchises en pourcentage pèsent bien plus lourd qu'un montant fixe. Le point technique tient à l'incertitude secondaire. Le module de vulnérabilité livre une distribution du taux de dommage autour d'une moyenne. Appliquer une franchise à la seule moyenne sous-estime la perte quand la queue de la distribution traverse la franchise. Les modèles du marché appliquent donc les conditions à la distribution entière, ce qui rend la perte nette sensible à l'hypothèse d'incertitude retenue. En aval, la table de pertes par événement (ELT) et la table de pertes annuelles (YLT) portent les trois niveaux ; les traités en excédent de sinistre, les reconstitutions et les clauses d'agrégat se calculent sur la YLT. Réserve de praticien : une bonne part des écarts entre la modélisation du cédant et celle du réassureur naît ici, d'un codage. Une sous-limite inondation oubliée, une franchise saisie en montant au lieu d'un pourcentage, et la perte nette double sans que l'aléa ait bougé.
Cas d'école, chiffres inventés : une usine assurée 50 millions d'euros, franchise de 2 % de la valeur, soit 1 million. Pour un événement, le taux de dommage moyen est de 2 % : à la moyenne, la perte après franchise est nulle. Mais la distribution donne 30 % de chances d'un dommage de 5 %, soit 2,5 millions, et 70 % de chances d'un dommage vers 0,7 %, sous la franchise. Perte attendue après franchise : 0,3 × 1,5 million, soit 450 000 euros. Calculée sur la moyenne, elle aurait été de zéro.
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