NameCo et SLP
Les deux véhicules par lesquels les Names du Lloyd's sont passés à la responsabilité limitée après la crise : une société créée pour eux (NameCo) ou une société en commandite écossaise (SLP).
Un Name entré au Lloyd's dans les années 1980, qui a traversé la crise et payé sa part, veut continuer à souscrire sans engager sa maison. À partir de la seconde moitié des années 1990, le marché lui offre deux portes. La NameCo est une société créée pour lui seul, ou pour quelques membres d'une même famille, qui devient membre corporate et reprend sa capacité ; le Name en est l'actionnaire et ne risque plus que ce que la société détient. La SLP, société en commandite de droit écossais, joue sur une particularité : en Écosse la partnership a la personnalité morale tout en restant transparente pour l'impôt, et le Name, commanditaire, garde une imposition personnelle tout en limitant sa perte à son apport. La conversion ne vaut que pour l'avenir. Les millésimes encore ouverts au jour du changement restent souscrits à responsabilité illimitée jusqu'à leur clôture, et le Name reste exposé sur eux pendant deux ou trois ans. Le transfert de la capacité à la société est en outre une cession au regard de l'impôt, et le revenu change de nature : la NameCo paie l'impôt sur les sociétés, le Name ne touche plus que des dividendes. La succession aussi se simplifie, puisque les héritiers reçoivent des parts sociales au lieu d'une exposition illimitée qui gelait les successions de Names pendant des années. La limite est souvent plus mince qu'elle n'en a l'air : quand les Funds at Lloyd's prennent la forme d'une lettre de crédit garantie sur la fortune personnelle, le Name reste engagé jusqu'à ce montant. À ne pas confondre avec le membre corporate en général, qui peut être une filiale d'assureur, ni avec le Name à responsabilité illimitée.
Cas d'école : un Name converti en NameCo soutient 1 million de livres de capacité, avec des Funds at Lloyd's à 50 %, soit 500 000 livres. Le millésime perd 60 % de la capacité, 600 000 livres. La NameCo perd ses 500 000 livres de dépôt, et les 100 000 livres restantes remontent au Fonds central. Resté Name à responsabilité illimitée, il aurait payé les 600 000 livres, les 100 000 au-delà du dépôt sur son patrimoine. Si le dépôt était une lettre de crédit adossée à sa maison, ses 500 000 livres sortent quand même de chez lui.
NameCo, Scottish limited partnership, SLP du Lloyd's, conversion d'un Name, société à membre unique du Lloyd's
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