Prêt garanti par des œuvres d'art
Crédit consenti contre le nantissement d'une œuvre ou d'une collection, qui oblige l'emprunteur à l'assurer au profit du prêteur.
Un collectionneur dont la fortune est accrochée aux murs, et la trésorerie tendue, emprunte vingt millions de dollars à une banque privée contre le nantissement de trois tableaux. Le prêteur avance en général de trente à cinquante pour cent de la valeur estimée. Il veut des garanties sur l'objet autant que sur l'emprunteur : conservation dans un lieu agréé, expertise indépendante, police d'art dont il est bénéficiaire. La clause de perte payable au prêteur le met en tête du paiement. La police ne peut pas être annulée sans un préavis qui lui soit notifié. Le souscripteur regarde trois points. La valeur agréée doit rester proche de l'estimation du crédit, faute de quoi le prêteur ne couvre pas son encours. Le risque d'authenticité, que la police d'art exclut souvent, devient l'angle mort du prêt. Et la réalisation de la sûreté suppose une vente que le marché ne rend pas toujours possible en trente jours.
Cas d'école : une banque prête 15 millions de dollars contre un Basquiat estimé 40 millions, soit 37,5 % de la valeur. La police le couvre en valeur agréée de 40 millions, perte payable à la banque. Le tableau se révèle faux : le risque d'authenticité exclu laisse la banque avec un nantissement sans valeur et l'emprunteur seul débiteur.
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