Procédure Lamfalussy
Méthode d'élaboration du droit financier européen en quatre niveaux, qui place les principes dans une directive et le détail technique dans des actes délégués modifiables sans repasser par le législateur.
Un texte financier qui contiendrait tout son détail technique serait obsolète avant son entrée en vigueur, et toute correction d'un coefficient exigerait une procédure législative complète de plusieurs années. La procédure imaginée par le comité présidé par Alexandre Lamfalussy résout cela par étagement. Le niveau un est le texte législatif, directive ou règlement, adopté par le Parlement et le Conseil : il porte les principes et les habilitations. Le niveau deux regroupe les actes délégués et d'exécution de la Commission, qui portent le détail chiffré, et c'est là que vit l'essentiel de ce qu'un praticien applique. Le niveau trois rassemble les orientations et recommandations des autorités européennes de surveillance, destinées à harmoniser la pratique des superviseurs. Le niveau quatre est le contrôle par la Commission de l'application effective par les États. La conséquence pratique est décisive pour qui cherche une règle : la directive Solvabilité II tient en quelques centaines d'articles, et le règlement délégué qui la complète en compte plus de sept cents, matrices de corrélation et paramètres de chocs compris. Chercher un coefficient dans le niveau un est une perte de temps.
Le rapport du comité des sages présidé par Alexandre Lamfalussy est remis en février 2001 pour le marché des valeurs mobilières, et la méthode est ensuite étendue à l'ensemble du secteur financier. Pour Solvabilité II, le niveau un est la directive 2009/138/CE, le niveau deux le règlement délégué (UE) 2015/35, et le niveau trois les orientations de l'Autorité européenne des assurances. Le choc action ou le coefficient de corrélation entre modules se lisent au niveau deux, jamais au niveau un.
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