Productible P50 et P90
Production annuelle d'un parc dépassée une année sur deux (P50) ou neuf sur dix (P90). Les prêteurs dimensionnent la dette sur le P90 ; l'assurance dommages ne couvre pas le manque de vent ou de soleil.
Toute étude de productible d'un parc éolien ou solaire se termine par deux chiffres. Le P50 est la production annuelle que le parc dépasse avec une probabilité de 50 % ; le P90, celle qu'il dépasse avec 90 % de probabilité. L'écart entre les deux mesure l'incertitude : variabilité de la ressource d'une année à l'autre, qualité de la mesure de vent ou d'ensoleillement, pertes de sillage, disponibilité des machines. Un P90 à un an est plus bas qu'un P90 à dix ans, parce que la variabilité annuelle se moyenne sur la décennie. Les prêteurs dimensionnent la dette sur le P90 à un an, parfois sur le P99, avec un ratio de couverture du service de la dette fixé dessus ; les sponsors valorisent le parc sur le P50. Une campagne de mesure courte ou un site complexe élargit l'écart, et le montant de dette baisse d'autant, sans rien changer au parc. Le lien avec l'assurance passe par la perte d'exploitation. Après un sinistre matériel, l'indemnité se calcule sur la production perdue pendant l'arrêt. Certaines polices la mesurent sur le vent ou l'ensoleillement réellement observés pendant l'arrêt ; d'autres sur le budget de production, souvent le P50 mensualisé. L'écart entre les deux se voit à chaque sinistre de nacelle en hiver. Une année sans vent, sans aucun dommage, n'est pas un sinistre au sens de la police dommages. Le risque de volume se couvre ailleurs : dérivés météorologiques, couvertures indicielles de production, ou proxy revenue swap, qui garantit un revenu fixe contre la production réelle. Les prêteurs y voient un moyen de rapprocher le P90 du P50 dans leurs calculs, et le prix de la couverture dit ce que le marché pense de l'étude.
Cas d'école chiffré. Un parc de 100 MW a un P50 de 300 GWh et un P90 à un an de 255 GWh, vendus 60 €/MWh, avec 4 M€ de charges. Flux au P90 : 255 x 0,06 - 4 = 11,3 M€. Le prêteur fixe un ratio de 1,30 : service de la dette de 11,3 / 1,3 = 8,69 M€. Une année à 240 GWh donne 240 x 0,06 - 4 = 10,4 M€, soit un ratio de 1,20. Aucune police dommages ne paie. Une couverture de volume payant 60 €/MWh sous 255 GWh verse 15 x 0,06 = 0,9 M€, le flux remonte à 11,3 M€ et le ratio à 1,30.
P50, P90, productible, probabilité de dépassement, étude de productible, P99
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