Dérivé météorologique
Contrat financier dont le paiement dépend d'une variable météorologique mesurée, température, précipitations, vent, et non d'un dommage ; il couvre le risque de volume des énergéticiens, des agriculteurs ou des organisateurs d'événements.
Un distributeur de gaz ne subit aucun dommage lors d'un hiver doux, mais il vend moins, et son résultat s'effondre. L'assurance de dommages n'a rien à offrir contre ce risque de volume, puisqu'il n'y a pas de sinistre. Le dérivé météorologique y répond en indexant un paiement sur une variable mesurée par une station officielle. L'indice le plus courant est le degré-jour : on additionne, sur une période, l'écart quotidien entre la température moyenne et un seuil de référence, pour mesurer la rigueur d'un hiver ou la chaleur d'un été. Le contrat fixe un niveau d'exercice et un montant par degré-jour : si l'hiver est plus doux que prévu, l'acheteur est payé à proportion. Né dans le secteur de l'énergie américain à la fin des années 1990, ce marché s'est organisé en contrats standardisés cotés sur des bourses de dérivés et en contrats de gré à gré sur mesure. Il ne demande aucune preuve de perte, ce qui le rend rapide et sans contentieux, mais il porte un risque de base : la température de la station de référence peut différer de celle qui détermine réellement les ventes. La frontière avec l'assurance paramétrique est ténue ; elle tient surtout à la forme juridique, à la comptabilité et à l'exigence, ou non, d'un intérêt assurable.
Cas d'école : un distributeur de gaz achète un dérivé qui lui verse 20 000 euros par degré-jour de chauffage manquant sous un seuil de 2 400 sur l'hiver, mesuré à la station de l'aéroport régional. L'hiver n'en compte que 2 250 : il reçoit 3 millions d'euros, qui compensent l'essentiel de ses ventes perdues.
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