Relativité tarifaire
Coefficient multiplicateur appliqué à une prime de base pour une modalité donnée d'un critère. C'est l'unité élémentaire d'une grille tarifaire, et la forme sous laquelle un modèle statistique devient un tarif.
Un modèle rend des coefficients sur une échelle logarithmique, incompréhensibles hors de l'équipe qui les a produits. La relativité est leur traduction opérationnelle : l'exponentielle du coefficient, exprimée par rapport à une modalité de référence fixée à un. Une relativité de 1,30 signifie trente pour cent de plus que la référence, toutes choses égales par ailleurs, et c'est cette dernière précision qui est le plus souvent perdue en route. Deux écueils guettent le passage du modèle à la grille. Le premier est le choix de la référence, qui ne change rien au tarif final mais change tout à la lecture : prendre comme référence une modalité rare rend toutes les relativités instables. Le second est l'écart entre relativité brute, lue dans les données sans contrôler les autres variables, et relativité du modèle, qui contrôle. Un véhicule puissant paraît deux fois plus risqué en brut, mais une partie de l'écart tient à l'âge de son conducteur, et présenter la relativité brute revient à compter deux fois le même effet. Enfin, la relativité technique et la relativité appliquée diffèrent : lissages commerciaux, plafonnement des hausses et contraintes de marché s'intercalent. L'actuaire doit documenter l'écart plutôt que l'absorber en silence.
Grille automobile, exercice 2026, prime de base 420 EUR sur la modalité de référence. Relativité brute de la modalité jeune conducteur : 2,45. Relativité du modèle, après contrôle de l'ancienneté du permis, du véhicule et de la zone : 1,72. L'écart de 0,73 était porté par les trois autres critères, et l'appliquer aurait surtarifé de 42 % un segment déjà cher, avec l'effet de sélection adverse qui en découle.
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