Restitution des biens culturels coloniaux
Retour aux États d'origine d'objets acquis pendant la période coloniale dans des conditions contestées, qui ouvre pour les musées et collectionneurs une incertitude durable sur le titre de certaines collections.
Une part importante des collections extra-européennes des musées occidentaux a été acquise pendant la période coloniale, par des expéditions militaires, des saisies ou des achats dans des conditions de contrainte. Depuis la fin des années 2010, plusieurs États africains ont demandé leur retour, et des pays européens ont commencé à y répondre, souvent par des lois particulières, puisque les collections publiques sont en principe inaliénables. Ces restitutions ne relèvent pas d'une obligation juridique générale, mais d'une décision politique fondée sur l'histoire de l'acquisition. Pour le marché, le mouvement a deux effets : il rend plus exigeant l'examen de la provenance des objets extra-européens, dont certains deviennent difficiles à vendre, et il crée pour les collectionneurs privés un risque de réputation et parfois de revendication. Pour l'assureur, il s'agit d'un risque de titre et de valeur, qui touche la valeur agréée plus que l'intégrité matérielle des objets.
En application de la loi n° 2020-1673 du 24 décembre 2020, la France a restitué au Bénin en novembre 2021 vingt-six œuvres des trésors royaux d'Abomey, emportées par les troupes françaises en 1892 et conservées depuis au musée du quai Branly.
restitution au Bénin, trésors d'Abomey, loi du 24 décembre 2020
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