Risque fondamental
Risque qui frappe simultanément un grand nombre d'assurés et échappe à la mutualisation, par opposition au risque particulier.
En théorie de l'assurance, un risque fondamental touche en même temps un très grand nombre d'assurés et détruit des actifs entiers, par opposition au risque particulier, qui frappe un individu isolé sans affecter les autres. Un incendie isolé est un risque particulier, parfaitement mutualisable ; une guerre, une pandémie ou une crise systémique sont des risques fondamentaux. La différence tient à la corrélation. La loi des grands nombres stabilise la charge d'un portefeuille quand les sinistres sont indépendants ; quand ils arrivent tous ensemble, ajouter des assurés ajoute du risque au lieu d'en retirer. Corrélés, catastrophiques, impossibles à diversifier, ces risques sont difficiles à assurer par nature, et aucune prime ne finance des pertes massives qui tombent le même jour. Les manuels posent une seconde paire à côté, risque pur contre risque spéculatif, qui répond à une autre question (peut-on gagner, ou seulement perdre) et qu'on mélange souvent avec la première. La guerre est l'archétype du risque fondamental, et c'est pourquoi son exclusion est la plus ancienne et la plus stable des contrats d'assurance. Le marché privé s'arrête là, et la charge revient souvent à un dispositif public de dernier ressort, comme Pool Re pour le terrorisme au Royaume-Uni. Le cyber systémique pose aujourd'hui la même question aux souscripteurs.
Cas d'école chiffré : un million de maisons assurées, chacune exposée à un incendie indépendant avec une probabilité de 0,1 % par an et un coût de 200 000 euros. La charge attendue est de 1 000 sinistres, soit 200 millions d'euros, avec un écart type d'environ 32 sinistres, 6,3 millions : la prime peut la financer. Qu'un même événement touche 30 % du parc, et la charge devient 300 000 sinistres, soit 60 milliards, en une fois. Une cyberattaque systémique sur un grand système de paiement, qui pourrait coûter plusieurs milliers de milliards de dollars, a ce second profil, celui d'un risque fondamental que la mutualisation privée ne peut absorber.
risque catastrophique corrélé, fundamental risk, risque fondamental en assurance, risque non mutualisable
Suivez la recherche
Une lettre par semaine. En tête, la note de souscription de la semaine, quand il en paraît une : une décision datée et argumentée, signée de Paul Bernardski. Ensuite, ce que l'observatoire a publié en risque cyber, en risque politique et en assurance. Sans compte, sans suivi.
Pas de spam, désinscription en un clic, aucune donnée revendue.