Sécheresse du canal de Panama (2023)
La sécheresse de 2023 a forcé l'autorité du canal de Panama à réduire le nombre de passages quotidiens, montrant qu'un point d'étranglement maritime peut se fermer sans guerre.
Le canal de Panama fonctionne par écluses alimentées en eau douce par le lac Gatún : chaque passage déverse vers la mer des dizaines de millions de litres. Quand la pluie manque, l'autorité du canal limite le tirant d'eau puis le nombre de passages, et les navires attendent, paient des enchères de créneaux ou se déroutent par le cap Horn ou Suez. Le dommage est un retard et un surcoût, sans avarie : il échappe à la plupart des polices de marchandises et de corps, et relève de garanties spécifiques d'interruption du commerce ou de clauses de fret. C'est aussi un risque climatique qui se transmet par une infrastructure, et qui peut coïncider avec un risque politique sur une autre route, comme ce fut le cas en mer Rouge la même année.
À partir de l'été 2023, l'autorité du canal de Panama a réduit les passages quotidiens, d'environ trente-six en temps normal jusqu'à vingt-deux en décembre 2023, et abaissé le tirant d'eau maximal ; la même saison, les attaques en mer Rouge détournaient vers le cap de Bonne-Espérance une partie du trafic de Suez.
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